L’opposant Assalé Tiémoko, président du mouvement politique Aujourd’hui demain la Côte d’Ivoire (ADCI), a été empêché de quitter le pays alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour le Canada dans le cadre d’une tournée de mobilisation politique en Amérique du Nord.
L’incident est survenu dans la nuit du lundi 11 mai 2026 à l’ Aéroport international Félix-Houphouët-Boigny. Selon un communiqué signé par Roger Youan, secrétaire exécutif du mouvement politique ADCI, Assalé Tiémoko, qui devait se rendre au Canada pour une tournée politique en Amérique du Nord, a été empêché de quitter le territoire 20 minutes avant le décollage de son vol.
Le communiqué précise que l’ancien député de Tiassalé avait pourtant accompli toutes les formalités policières et douanières afférentes à son voyage, sans qu’aucune notification relative à une restriction de ses droits ne lui ait été signifiée.
Sur place, le commissaire l’a informé que le procureur de la République lui avait donné instruction de lui signifiant qu’il « ne peut pas voyager » et qu’il devrait l’informer avant de prendre l’avion
« Cependant, à 20 minutes de l’embarquement, un officier de police s’est approché de lui et l’a prié de le suivre au bureau du commissaire de l’aéroport. Sur place, le commissaire l’a informé que le procureur de la République lui avait donné instruction de lui signifiant qu’il « ne peut pas voyager » et qu’il devrait l’informer avant de prendre l’avion », rapporte le communiqué.
Le document ajoute que toutes les tentatives de l’ancien député de Tiassalé visant à joindre le procureur « sont demeurées vaines».
Démêlés judiciaires
Cet incident intervient deux semaines après l’audition de l’opposant ivoirien par le procureur d’Abidjan. Convoqué à la préfecture de police le 22 avril dernier, le natif de Morokro avait été entendu pendant près de 15 heures sur instruction du procureur de la République.
À l’issue de cette audition, l’ancien député de Tiassalé-Morokro a été informé qu’il faisait l’objet de quatre chefs d’accusation : trouble à l’ordre public, incitation à la révolte, discrédit sur les institutions de la République et diffusion de fausses nouvelles.
Le mouvement politique ADCI s’étonne que, depuis le 22 avril 2026, le procureur de la République n’ait notifié à son président, ni à ses avocats, aucune mesure de restriction le visant, jusqu’à cet incident qui donne le sentiment d’un piège destiné à l’humilier
L’interrogatoire avait toutefois été physiquement éprouvant pour l’opposant, victime de deux malaises cardiovasculaires. Il avait finalement été remis en liberté sans qu’aucune mesure restrictive ne lui soit officiellement notifiée. « Ni inculpation ni contrôle judiciaire », même si le procureur avait ordonné une garde à vue, finalement levée dans la foulée.
Position de l’ADCI
« Le mouvement politique ADCI s’étonne que, depuis le 22 avril 2026, le procureur de la République n’ait notifié à son président, ni à ses avocats, aucune mesure de restriction le visant, jusqu’à cet incident qui donne le sentiment d’un piège destiné à l’humilier », dénonce le parti dans son communiqué. Le mouvement politique affirme être convaincu que, dans une République, « l’action publique peut et doit s’exercer avec davantage d’élégance et dans le plein respect de la dignité humaine ».
L’ADCI estime également que lorsqu’une mesure de restriction de mouvement est prise à la rencontre d’un citoyen, « a fortiori lorsqu’il s’agit d’un élu de la Nation », celui-ci doit en être clairement et formellement informé. Assalé Tiémoko est finalement rentré à son domicile aux environs de 21h30 après cet incident.



