Vent de changement sur les institutions en Côte d’Ivoire. Au lendemain de la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI), son désormais ex-président, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, rebondit au sommet de l’appareil judiciaire. Par décret présidentiel, le magistrat a été nommé Conseil d’État.
C’est un jeu de chaises musicales qui ne manque pas de faire réagir dans les états-majors politiques ivoiriens. Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, qui pilotait la machine électorale depuis septembre 2019, change de robe pour endosser celle de président du Conseil d’État. Il évince à ce poste Patrice Yao Kouakou, dont le départ marque la fin d’un cycle pour la haute juridiction administrative.
Une sortie sous les projecteurs
Cette nomination intervient quelques heures seulement après un acte fort du Conseil des ministres. Ce mercredi 6 mai 2026, une ordonnance a officiellement acté la dissolution de la CEI. Si l’institution sortante dresse un bilan qu’elle juge « satisfaisant », estimant avoir accompli sa mission, le climat entourant cette fin de mandat reste électrique.
L’organe dirigé par Coulibaly-Kuibiert n’a en effet jamais cessé d’être dans l’œil du cyclone. Des suspensions de participation du PPA-CI, du PDCI et du FPI en 2025 aux polémiques sur le fichier électoral, la structure était devenue le point de cristallisation des colères de l’opposition. Au moment où le magistrat quitte le navire, des voix s’élèvent encore pour réclamer un audit sur la gestion des fonds alloués aux révisions électorales non encore effectuées.
Un profil taillé pour les institutions
Magistrat hors hiérarchie, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert n’est pas un novice. Avant la CEI, il avait déjà exercé comme secrétaire général du Conseil Constitutionnel. Son arrivée au Conseil d’État, institution pilier chargée de trancher les litiges entre les citoyens et l’administration, confirme son statut de pièce maîtresse du dispositif institutionnel ivoirien.
À Abidjan, les regards se tournent désormais vers la présidence pour connaître l’identité de ceux qui composeront la future équipe électorale. Le défi est de taille. Il s’agit de restaurer la confiance alors que la liste électorale et le découpage administratif restent des sujets inflammables à l’approche des prochaines échéances.



