Le député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko Antoine, est attendu ce mercredi 22 avril à la Préfecture de police d’Abidjan. Pour sa première réaction publique, l’élu révèle être au cœur de graves soupçons de “projet de déstabilisation”, citant des cyber-activistes proches du pouvoir.
C’est « sur instructions du Procureur de la République » que l’élu devra s’expliquer. Pourtant, à quelques heures de l’échéance, le flou demeure entier sur les griefs retenus contre lui. Dans une déclaration sur ses réseaux sociaux, Assalé Tiémoko ne cache pas son inquiétude.
« Demain, à l’issue de l’audition, retournerais-je en prison ou rentrerais-je chez moi ? », a-t-il publié sur Facebook ce mardi.
Cette inquiétude fait suite à des allégations diffusées par des cyber-activistes proches du pouvoir. Ces derniers l’accusent d’avoir eu des échanges en France avec des figures hostiles au gouvernement, notamment l’activiste Lanciné Gbon Coulibaly, connu pour ses critiques virulentes contre le RHDP et ses appels aux marches de l’opposition.
« Ils affirment que j’aurais rencontré des personnes qui projetteraient de “renverser le pouvoir d’Abidjan” », rapporte Assalé Tiémoko pour mieux s’en indigner. « Me voilà donc placé sous le soupçon de “préparation de coup d’État”. La justice, heureusement, ne fonctionne pas selon les rumeurs », insiste-t-il, rejetant toute implication dans une quelconque entreprise de déstabilisation.
« Poil à gratter »
Si ces accusations trouvent un tel écho, c’est que le profil de l’homme détonne dans le paysage politique. Ancien journaliste d’investigation et fondateur du journal L’Éléphant Déchaîné, Assalé Tiémoko a bâti sa légitimité sur la traque de la corruption.
En se lançant dans la course à la présidentielle d’octobre 2025 sous une bannière indépendante, il s’est positionné comme le héraut d’une « troisième voie », frontalement opposé aux méthodes du RHDP qu’il accuse de fragiliser les institutions.
Cette posture de « poil à gratter » de la République, il l’assume jusqu’au bout, conscient du risque qu’elle comporte. « Avec ce que je fais et ce que je dis, chaque jour que je passe en liberté est un événement », confiait-il récemment lors d’une formation destinée à des jeunes.
Pour lui, cette convocation n’est que la suite logique d’un parcours marqué par les pressions et le souvenir de son incarcération en 2007, une épreuve à laquelle il dit s’être préparé mentalement « chaque jour » depuis les tensions électorales à Tiassalé.
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Pour l’heure, aucune déclaration officielle des autorités judiciaires n’est venue confirmer ou infirmer les motifs évoqués. L’audition prévue ce mercredi devrait permettre d’éclaircir les faits et de déterminer s’il s’agit d’une simple procédure d’enquête ou d’un dossier plus sensible.
En attendant, Assalé Tiémoko affiche une posture de coopération. « Quoi qu’il en soit, demain, en toute responsabilité, je me présenterai à cette convocation. Je ne m’y déroberai pas », affirme-t-il, à quelques jours de la rentrée politique de son mouvement annoncée pour le 2 mai.



