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Assises nationales de la carte scolaire 2025-2026: Le MENA replanifie l’offre éducative


Le jeudi 24 juillet 2025 à Yamoussoukro, élus, autorités politiques, représentants syndicaux, parents d’élèves, enseignants et partenaires du secteur éducatif étaient en « Assises nationales de la carte scolaire » pour l’année 2025-2026. Le thème de cette rencontre, « La carte scolaire pour une offre d’éducation équitable », réaffirme la volonté collective d’adapter le système scolaire à la réalité démographique et territoriale du pays.

Pr Mariétou Koné, ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (MENA) a notifié que la carte scolaire ne se limite pas à un simple outil administratif. Elle représente un levier stratégique indispensable pour planifier les infrastructures et garantir un accès équilibré à l’éducation. Ces assises poursuivent le travail commencé lors des états généraux de l’éducation, qui avaient permis de formuler des recommandations essentielles à l’amélioration de l’équité dans l’offre scolaire. La ministre veut mobiliser les collectivités territoriales, les communautés locales et les partenaires techniques pour assurer une gouvernance locale inclusive.

Des progrès malgré les séquelles de la crise
La ministre Koné a dressé un panorama des efforts réalisés depuis la décennie de crise sociopolitique ayant fragilisé le réseau scolaire, notamment dans les régions du centre, du nord et de l’ouest, où les infrastructures avaient été endommagées et soumises à une forte pression démographique due aux déplacements de populations. Un programme massif de renforcement des infrastructures scolaires a été lancé, couvrant toutes les filières, du préscolaire au secondaire.

En 15 ans, le nombre d’infrastructures a connu une nette augmentation : multiplication par quatre des structures préscolaires, par deux au primaire, et par trois au secondaire. La ministre a détaillé ces progrès particulièrement dans les collèges, où dans plusieurs départements les capacités ont doublé, triplé voire plus selon les zones. Ces avancées seront complétées par l’ouverture prochaine de nouveaux collèges et lycées validés à l’issue de ces assises.
Pour la rentrée 2025-2026, la barre symbolique des 1 000 collèges et lycées publics sera franchie, grâce notamment à l’ouverture prévue d’une centaine de nouveaux établissements. Parmi ces nouveautés figure l’introduction d’une première série de 15 lycées d’excellence pour jeunes filles avec internat, après celui de Sinématiali inauguré récemment. La ministre a salué la contribution des collectivités locales et du corps préfectoral dans le suivi et le soutien de cette politique d’aménagement éducatif.

Répondre aux besoins croissants avec des infrastructures adaptées
Un défi demeure, celui d’offrir une scolarisation à tous les enfants d’âge scolaire, notamment ceux de 6 à 11 ans. À ce titre, la ministre a indiqué que le pays devra construire environ 25 000 salles de classe d’ici 2030, soit en moyenne 5 000 par an. Cela correspond à la création annuelle de 715 écoles primaires de 7 classes, nécessaires pour assurer une scolarisation universelle. Pour le secondaire, les besoins portent sur la construction de 1 230 collèges de base 2 (deux classes par niveau) et 410 collèges de base 4.

Pour atteindre ces objectifs, un renforcement des partenariats avec les collectivités territoriales, les bailleurs de fonds et de nouveaux partenaires financiers s’impose. Le directeur des Études, de la Planification et des Statistiques (DEPS), M. Méité Inza, a précisé que les assises servent à valider les projets régionaux, ajuster les propositions à la réalité locale, et prendre les décisions budgétaires permettant de corriger les déséquilibres territoriaux.

Pour cette édition 2025, les participants ont examiné 2 043 demandes d’ouverture de nouvelles salles au primaire et préscolaire, ainsi que 242 chantiers en cours et 7 401 projets en prévision. Au secondaire, 120 demandes d’ouverture de collèges, 58 créations effectives et 130 projets de construction ont été analysés. Ces initiatives visent à renforcer un réseau scolaire déjà considérable, fruit des efforts depuis 2011.

Un bilan positif appuyé sur une dynamique renouvelée
Depuis sa prise de fonction à la tête du ministère, le ministre a indiqué qu’environ 22 565 salles de classe ont été réalisées, représentant un quart de l’ensemble des salles construites depuis 2011 pour le premier degré. Le secondaire a aussi bénéficié de la création de 342 collèges entre 2021 et 2024, soit plus de la moitié des collèges mis en place au total depuis 2011.

Ces réalisations traduisent un engagement constant pour donner au système éducatif ivoirien les moyens de ses ambitions, en particulier pour répondre à la croissance démographique de la population scolarisable. Le ministre s’est montré confiant quant à la capacité de la direction des Études, de la Planification et des Statistiques à poursuivre ce travail avec rigueur et responsabilité.

Assoir un système éducatif plus juste et solidaire
Ces assises traduisent une volonté commune des acteurs du secteur éducatif d’adapter la carte scolaire afin de bâtir un système plus juste et solidaire, capable de garantir à tous les enfants un accès équitable à l’instruction. En rééquilibrant l’offre scolaire, en anticipant les besoins d’infrastructures et en favorisant une gouvernance inclusive, la Côte d’Ivoire trace les contours d’une politique éducative tournée vers l’avenir.

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