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Bébé mort, procureur introuvable, Gbagbo encerclé : les folles rumeurs du 11 octobre

La marche interdite du 11 octobre 2025 a provoqué une avalanche de rumeurs sur les réseaux sociaux, entre fausses morts, disparitions imaginaires et intox visant les figures de l’opposition ivoirienne.

La marche interdite du 11 octobre 2025, initiée par le front commun de l’opposition formé par le PPA-CI et le PDCI, a donné lieu à une vague de rumeurs et de fausses informations sur les réseaux sociaux. Tandis que les forces de l’ordre dispersaient des attroupements à Abidjan et dans certaines villes de l’intérieur, plusieurs publications alarmistes ont circulé en ligne, évoquant tour à tour la mort d’un bébé, la fuite du procureur de la République et l’encerclement de la résidence de Laurent Gbagbo.

Une marche sous tension

Annoncée depuis plusieurs semaines, la manifestation du 11 octobre visait à protester contre ce que l’opposition qualifie de “verrouillage du jeu électoral” à un an de la présidentielle de 2025. Malgré l’interdiction formelle du préfet d’Abidjan, des militants du PPA-CI et du PDCI ont tenté de se rassembler dans plusieurs quartiers, notamment à Cocody, Yopougon et Treichville.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Diomandé Vagondo, a indiqué en fin de matinée que 237 personnes avaient été interpellées, dont plusieurs femmes et jeunes, pour non-respect de la mesure d’interdiction. Selon lui, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée. Mais quelques heures plus tard, les réseaux sociaux s’enflammaient déjà.

Un “bébé mort” à Abidjan : une image de 2017 recyclée

La première rumeur à avoir massivement circulé évoquait le décès d’un nourrisson asphyxié par des gaz lacrymogènes lors de la dispersion d’un rassemblement à Abidjan. Des images d’un enfant dans les bras d’une femme en pleurs ont accompagné les publications, suscitant l’émoi.

Très vite, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI-CI), à travers son dispositif #Alertes100_FakeNews, a démenti cette information.

« Aucune autorité sanitaire ou sécuritaire n’a confirmé un tel incident. Les images partagées datent en réalité du 17 août 2017 », a précisé l’agence dans un communiqué.

L’ANSSI-CI y voit une tentative délibérée de manipulation visant à “semer la panique et troubler la paix sociale”.

Le procureur “au Liberia” et Gbagbo “encerclé”

Dans la même journée, une autre rumeur prétendait que le procureur de la République, Koné Braman Oumar, avait quitté la Côte d’Ivoire pour se réfugier au Liberia. Là encore, le démenti officiel n’a pas tardé : “Cette information est totalement fausse et infondée”, a insisté Alertes100, appelant à “vérifier les sources avant tout partage de contenu”.

En parallèle, des messages circulaient sur WhatsApp et Facebook affirmant que la résidence du président Laurent Gbagbo à Abidjan avait été encerclée par des hommes armés. Des publications mentionnaient même une “mobilisation spontanée de jeunes” pour le défendre.

Des proches de M. Gbagbo ont rapidement réagi. “Le président se trouve chez lui, en parfaite sécurité. Aucune intrusion ni menace n’a été signalée”, a assuré un membre de sa sécurité, joint par Linfodrome.

Des images sorties de leur contexte

D’autres contenus, tout aussi alarmistes, faisaient état de tirs à balles réelles et de plusieurs morts dans la commune de Gagnoa, fief historique de Laurent Gbagbo. Les images utilisées provenaient en réalité d’un rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) publié en 2011, à l’époque de la crise postélectorale.

“Ces contenus sont diffusés par des acteurs habitués à ces pratiques, dans le but de créer la peur et la confusion”, a ajouté l’ANSSI-CI dans un autre communiqué publié samedi soir.

 

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