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Abidjan/ Guillaume Soro caché dans une Eglise: Le père Abekan dénonce des propos graves et mensongers

Une vidéo virale accuse une communauté catholique d’Abidjan d’héberger Guillaume Soro et des armes. Le père Norbert Abekan dénonce des propos graves, mensongers et appelle au calme.

Une nouvelle polémique secoue Abidjan après la diffusion d’une vidéo dans laquelle une internaute affirme que l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, serait caché dans une paroisse catholique des Deux-Plateaux. Selon la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, l’ex-Premier ministre, en exil depuis plusieurs années, aurait trouvé refuge à l’église Saint-Jacques, située non loin du restaurant BMW aux Deux-Plateaux, dans la commune de Cocody.

L’internaute met en cause directement le père Norbert Abekan, curé de la paroisse, qu’elle accuse d’héberger non seulement Guillaume Soro mais aussi des armes destinées à déstabiliser le pays. Dans son enregistrement, la femme va plus loin en accusant le personnel de l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny d’avoir laissé passer discrètement l’ancien chef rebelle, ainsi que certains maires d’Abidjan qui l’auraient aidé à circuler librement sur le territoire.

Réaction immédiate
Face à ces accusations jugées « graves et dangereuses », le père Norbert Abekan a réagi dès jeudi soir. Dans une vidéo sur Facebook, il a dénoncé « une manipulation visant à semer la division et la haine au sein de la société ivoirienne ».

« Ces propos sont mensongers et insultent l’intelligence de nos forces de défense et de sécurité. Ils ternissent injustement l’image de l’Église et de la paroisse Saint-Jacques », a affirmé le prêtre.
Pour prouver sa bonne foi, il a annoncé que « toutes les portes de la paroisse restent ouvertes aux autorités, qu’il s’agisse de la police, de la gendarmerie ou de l’armée, pour effectuer des vérifications et des fouilles si nécessaire ». Le curé a également lancé un appel à la responsabilité.

« La dame à l’origine de cette vidéo doit se repentir et retirer ses propos, a-t-il insisté. Nous devons, en tant que chrétiens et citoyens, promouvoir des messages de paix plutôt que d’attiser les divisions ».
Dans son message, le père Abekan a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale, rappelant que la Côte d’Ivoire traverse une période sensible à quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

Enquête en cours ?
Ces accusations interviennent dans un contexte préélectoral tendu, marqué par des discours à connotation xénophobe et identitaire. Elles interviennent aussi alors que la question du retour de Guillaume Soro continue d’alimenter les débats politiques.

Condamné par contumace en Côte d’Ivoire, l’ancien président de l’Assemblée nationale vit en exil depuis 2019. Plusieurs rumeurs circulent régulièrement sur sa présence supposée dans le pays, mais elles n’ont jamais été confirmées officiellement.

Guillaume Soro, figure centrale de la rébellion de 2002 et ex-allié de Ouattara, est désormais l’un de ses principaux opposants. Exilé dans les pays de l’AES, il reste perçu par Abidjan comme une menace politique et sécuritaire.

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Les autorités ivoiriennes n’ont pas encore réagi publiquement à cette vidéo, et n’ont pas non plus confirmé si une vérification serait effectuée pour lever toute ambiguïté.

En attendant, le père Abekan invite les fidèles et la population à « ne pas se laisser manipuler par des intoxications diffusées sur les réseaux sociaux ». « L’Église reste un lieu de prière, de paix et de réconciliation. Elle ne saurait servir de cachette pour qui que ce soit », a-t-il conclu.

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