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Kandia Camara et Patrick Achi à la 152e Assemblée de l’UIP en Turquie


La 152e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) se tient à Istanbul, en Turquie, du 15 au 19 avril 2026. La délégation du Parlement ivoirien, conduite par les présidents des deux chambres, Patrick Achi pour l’Assemblée nationale et Kandia Camara pour le Sénat, participe activement à ce rendez-vous international du dialogue parlementaire.

Le jeudi 16 avril, lors du débat général consacré au thème « Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures », la présidente du Sénat de Côte d’Ivoire s’est exprimée devant l’Assemblée générale au nom du Parlement ivoirien. Elle a également porté la voix de son homologue de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, avec lequel elle partage la conduite de la délégation. Dans son intervention, Kandia Camara a d’abord rappelé le rôle déterminant joué par l’Assemblée nationale avant l’avènement du bicamérisme en Côte d’Ivoire. C’est cette institution qui, dans les heures sombres des crises successives, a contribué à l’adoption de lois d’amnistie, à la réforme du cadre électoral et à la mise en place de mécanismes d’indemnisation des victimes. Un travail de fond qui a permis de poser les bases d’un retour à l’ordre constitutionnel.

Le Sénat comme nouveau levier de la diplomatie parlementaire
Avec la création du Sénat en 2016, le Parlement ivoirien a franchi une étape supplémentaire. La chambre haute est venue consolider cette dynamique institutionnelle en renforçant la représentation des collectivités territoriales et de la diaspora ivoirienne. Une évolution qui, selon la présidente du Sénat, a contribué à une gouvernance plus inclusive, mieux adaptée aux réalités d’un pays où les équilibres locaux et les voix de l’extérieur comptent désormais. Mais le thème du débat, a-t-elle souligné, ne saurait être appréhendé comme une simple invitation à la réflexion. « Bien plus, il s’agit d’une obligation d’action immédiate et résolue », a-t-elle déclaré. L’histoire récente de la Côte d’Ivoire, a-t-elle rappelé, enseigne que l’espoir et la paix ne se décrètent pas, et que la justice ne se diffère pas. Les leçons du passé appellent à une construction continue, loin des déclarations sans lendemain.

Cultiver l’espoir et consolider la paix par l’action
Cultiver l’espoir, pour la présidente du Sénat ivoirien, commence par le rétablissement durable du lien de confiance entre l’État et le citoyen. Cela passe par une action publique plus lisible, plus efficace et plus proche des populations. C’est dans cet esprit que le Sénat a initié, en 2024, un Forum national de la diaspora, conçu comme un instrument stratégique de mobilisation des compétences et des ressources des compatriotes établis à l’étranger en faveur du développement économique et social du pays. Une initiative qui reconnaît enfin le rôle essentiel de la diaspora, trop longtemps considérée comme un simple pourvoyeur de transferts financiers. Dans le prolongement de cette dynamique, le Sénat a organisé en mars 2026 un Symposium international sur les collectivités territoriales, consacré à l’accélération du processus de décentralisation afin de donner aux élus locaux les moyens de leurs responsabilités, et aux citoyens des services de proximité à la hauteur de leurs attentes.

Consolider la paix, ensuite, suppose de refuser les facilités du discours pour affronter, avec lucidité et détermination, les causes profondes des fragilités sociales : les inégalités persistantes, les mécanismes d’exclusion et les perceptions d’injustice. À cet égard, le Parlement ivoirien exerce pleinement sa mission de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques. Une mission parfois délaissée dans d’autres démocraties, mais que les parlementaires ivoiriens entendent assumer pleinement, pour garantir l’adéquation permanente des politiques aux attentes légitimes des populations. Sur le plan de la diplomatie parlementaire, Kandia Camara a mis en avant la création, en 2024, de l’Association des Sénats d’Afrique, initiée par la Côte d’Ivoire. Cette instance vise à fédérer les actions des chambres hautes du continent autour des impératifs de paix, de stabilité, de gouvernance démocratique et de développement durable. Une manière de mutualiser les expériences et d’éviter la dispersion des efforts.

Justice pour les générations futures et trois recommandations structurantes
Enfin, assurer la justice pour les générations futures, c’est refuser toute posture d’attentisme et faire le choix de l’anticipation, de la responsabilité et de la lucidité. Sur le plan économique, cela signifie investir résolument dans l’éducation, levier fondamental de transformation structurelle, afin de garantir aux jeunes générations un avenir plus instruit, plus compétitif et plus productif. La Côte d’Ivoire, qui a fait de la formation de sa jeunesse une priorité nationale, entend partager cette expérience avec ses partenaires. Sur le plan environnemental, l’intégration systématique des enjeux climatiques dans les politiques publiques territoriales s’impose. Les collectivités locales sont en première ligne face aux effets du dérèglement climatique, inondations, sécheresses, pression sur les ressources. Leur donner les outils pour anticiper et s’adapter est une exigence de justice envers ceux qui hériteront de la planète. Sur le plan technologique, notamment en matière d’intelligence artificielle, l’innovation doit être encadrée, régulée et orientée au service du progrès humain.

L’Afrique ne peut se contenter de subir les révolutions numériques venues d’ailleurs. Elle doit participer à l’élaboration des normes.
Kandia Camara a formulé trois orientations majeures. Premièrement, instituer dans chaque Parlement des mécanismes pérennes de suivi et d’évaluation des recommandations issues des rencontres internationales, pour assurer leur traduction en politiques publiques effectives. Deuxièmement, développer des cadres de coopération interparlementaire ciblés sur le financement du développement local, à travers des instruments innovants et des partenariats public-privé. Troisièmement, engager l’élaboration d’une charte parlementaire pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et adaptée aux réalités des sociétés africaines. La présidente du Sénat ivoirien a réaffirmé l’engagement résolu du Parlement ivoirien à avancer aux côtés des autres parlements, dans un esprit de solidarité, de responsabilité et d’action. La voix de la Côte d’Ivoire, à Istanbul, a porté loin.

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