05052026Headline:

L’AES pleure, ils se moquent : A Abidjan, le bal des vautours et le complexe du “petit maître”

C’est devenu un rituel macabre. À chaque fois qu’une détonation retentit à Bamako, qu’une embuscade endeuille le Faso ou que le Niger pleure ses fils, une certaine faune à Abidjan sort de sa tanière. Smartphone en main, le sourire en coin et la mauvaise foi en bandoulière, ils jubilent. Oui, ils jubilent sur des cadavres.

Ils ont l’indécence en partage. On les lit sur les réseaux sociaux, on les entend dans les “Grains” et même sur certains plateaux : « Vous voyez ? On vous avait dit ! Depuis que la France est partie, ils ne s’en sortent pas. »

Quelle étrange pathologie mentale pousse un être humain à valider la barbarie terroriste pour simplement avoir le plaisir d’avoir eu raison ? C’est le triomphe de l’ego sur la boussole morale. Pour ces “observateurs” de salon, le sang des frères de l’AES (Alliance des États du Sahel) n’est qu’une statistique servant à prouver que sans Paris, point de salut.

La Russie, l’épouvantail des complexés
Appelons les choses par leur nom : nous sommes face à un cas clinique de syndrome du nègre de maison. Pour ces gens, la liberté a un arrière-goût d’amertume, s’allier avec la Russie est un sacrilège, non pas par conviction géopolitique, mais parce que le “Maître” historique a été éconduit.

Leur logique ? Mieux vaut mourir sous protection française que de tenter de se défendre avec un partenaire que l’Occident n’a pas validé.

« Alors, elle est où la Russie ? »
Ils ricanent des capacités des armées locales, oubliant que le terrorisme qu’ils utilisent comme argument a prospéré pendant dix ans sous les yeux de dispositifs militaires qu’ils jugent pourtant “infaillibles”.

Dès qu’un drame survient, le refrain est connu : « Alors, elle est où la Russie ? ». Comme si la sécurité était un produit instantané que l’on commande sur une application de livraison. Ils oublient – ou feignent d’oublier – que la guerre asymétrique est un long calvaire. Mais surtout, ils révèlent leur propre aliénation : ils ne conçoivent pas qu’un État puisse choisir ses alliés en fonction de ses intérêts propres et non des désidératas du Quai d’Orsay.

Un miroir déformant pour la Côte d’Ivoire
Ce qui est plus grave, c’est l’image que cela renvoie de nous, Ivoiriens. En nous moquant des tragédies sahéliennes, nous oublions que le terrorisme n’a pas de passeport. Se réjouir de la maison du voisin qui brûle parce qu’il a changé de gardien, c’est oublier que le vent peut tourner et ramener les flammes chez nous.

On peut critiquer les choix politiques des autorités maliennes, burkinabés ou nigériennes. C’est le débat démocratique. Mais faire l’apologie indirecte du terrorisme par haine de la souveraineté retrouvée, c’est de la trahison morale.

À ces nostalgiques de l’époque où tout se décidait autour d’un café à Saint-Germain-des-Prés : la dignité coûte cher, et oui, elle se paie parfois dans la douleur. Mais entre la douleur de l’apprentissage et le confort de la servitude, le Sahel a choisi.

Au lieu de compter les morts avec une satisfaction cynique, demandez-vous pourquoi la liberté des autres vous fait si mal. Est-ce parce qu’elle vous renvoie l’image de votre propre soumission ?

À bon entendeur, salut.

 

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