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Liste électorale provisoire : Tidjane Thiam commente l’absence de Gbagbo, Soro et Blé Goudé

Une élection ne peut être démocratique si des candidats représentant des millions d’Ivoiriens en sont exclus, estime le président du PDCI-RDA.

À sept mois de l’élection présidentielle, la publication de la liste électorale provisoire par la Commission Électorale Indépendante (CEI), le 17 mars 2025, suscite des réactions contrastées en Côte d’Ivoire.

Si le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, y figure, des figures politiques majeures comme Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé en sont absentes. Une situation qui fait craindre une élection « non inclusive », selon Thiam.

Une inquiétude pour la démocratie
Lors d’une interview ce mercredi sur France 24, Tidjane Thiam n’a pas caché son inquiétude face à l’exclusion de ces personnalités de la scène électorale.

« Je suis inquiet. Après les crises que la Côte d’Ivoire a connu en 1999, en 2010 et en 2020. Je suis inquiet quand je vois qu’on va vers une élection qui risque de ne pas être inclusive, a-t-il affirmé. Moi, je suis un démocrate, et je crois que c’est très important que tous les candidats qui représentent une part significative de la nation ivoirienne puissent être candidats ».

Pour lui, la participation de tous les candidats représentatifs est essentielle. « Une élection où des candidats représentant des millions d’Ivoiriens ne sont pas présents, c’est un problème », a estimé Thiam.

L’ancien président Laurent Gbagbo, son ex-premier ministre Guillaume Soro et l’ancien leader des Jeunes Patriotes, Charles Blé Goudé, sont exclus en raison de condamnations judiciaires. Cependant, leurs partisans dénoncent une décision politique et appellent à leur réintégration.

Des contestations en cascade
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a immédiatement réagi, qualifiant cette exclusion de « décision arbitraire » qui pourrait « provoquer des tensions ». Le parti y voit une volonté de « saper le moral des militants » et de « provoquer des troubles pour se maintenir au pouvoir ».

De son côté, Charles Blé Goudé, président du Congrès pour la Justice et l’Égalité des Peuples (Cojep), a dénoncé une « radiation fondée sur du faux ». Quant au camp de Guillaume Soro, il s’appuie sur un arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) pour contester ce qu’il considère comme une « instrumentalisation de la justice ».

“C’est une diversion”
Si Tidjane Thiam figure bien sur la liste électorale, sa candidature continue de faire débat en raison de sa double nationalité franco-ivoirienne. Selon l’article 55 de la Constitution, un candidat à la présidence doit être exclusivement ivoirien. Sur ce point, l’ancien patron du Crédit Suisse se veut rassurant : « J’ai demandé à être libéré de mon allégeance à la France et le processus est en cours », a-t-il rappelé

Le patron du parti doyen estime que cette polémique est une distraction : « Ma nationalité, c’est une diversion. On essaie de faire de moi le sujet de cette campagne, alors que le vrai débat porte sur le bilan des quinze dernières années et la demande d’un nouveau mandat. »

 

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