Le 22 avril 2026, à Abidjan, lors d’un point de presse au siège du parti Intégrité et Conscience Nationale (ICON), son président Yves Mayobo a dénoncé le coût élevé des loyers, les difficultés d’accès à l’électricité, la situation des producteurs de cacao et les atteintes à la liberté d’expression, appelant à des solutions urgentes pour améliorer le quotidien des populations.
Face à une actualité marquée par des tensions sociales persistantes, Yves Mayobo président du parti ICON a dressé un tableau critique des réalités vécues par de nombreux Ivoiriens. Entre pression économique, insuffisances des services de base et frustrations sociales, son intervention met en lumière des problématiques interconnectées qui, selon lui, nécessitent des réponses structurelles et immédiates.
Un coût du logement devenu insoutenable pour les ménages
Le coût élevé des loyers, particulièrement à Abidjan, constitue l’un des principaux points d’inquiétude soulevés par Yves Mayobo. Il décrit une situation où se loger dignement devient de plus en plus difficile pour une grande partie de la population. À Cocody, les loyers des appartements de deux ou trois pièces oscillent entre 400 000 et 800 000 FCFA, avec des pics encore plus élevés dans certains quartiers prisés. À Marcory, notamment en zone 4, les prix peuvent atteindre 1 000 000 FCFA. Même dans des communes dites populaires comme Yopougon ou Abobo, les loyers restent élevés, variant entre 100 000 et 250 000 FCFA pour des logements modestes. Selon lui, cette situation s’explique par plusieurs facteurs à savoir, la croissance démographique rapide, le déficit de logements accessibles ainsi que le coût élevé des terrains et des matériaux de construction. Les conséquences sont multiples : surpopulation dans les habitations, éloignement des zones de travail, stress et baisse de la qualité de vie. Face à ce constat, Yves Mayobo propose des pistes concrètes, notamment le développement de logements sociaux, l’encadrement des loyers en fonction des zones et la mise en place de mécanismes de contrôle. Il insiste sur le fait que « chacun mérite plus qu’un simple abri : chacun mérite un foyer ».
Électricité et cacao : entre fragilités économiques et injustices sociales
Le deuxième axe abordé concerne les difficultés d’approvisionnement en électricité. Malgré son rôle central dans la vie quotidienne et dans le développement économique, de nombreux ménages continuent de subir des coupures fréquentes. Dans plusieurs communes d’Abidjan, les populations peuvent rester des heures, voire une journée entière sans courant. Ces interruptions ont des répercussions importantes : les élèves ne peuvent pas étudier correctement, les commerçants subissent des pertes, et les petites entreprises voient leur activité ralentir. Les causes évoquées incluent la forte demande liée à la croissance démographique, des infrastructures parfois inadaptées, ainsi que des problèmes techniques et de gestion. Pour y remédier, il appelle à des investissements dans les infrastructures, à la modernisation du réseau et au développement d’énergies alternatives comme le solaire. Il rappelle avec insistance que « l’électricité n’est pas un luxe… c’est une nécessité ».
La fin de l’État, c’est la liberté
Par ailleurs, la situation des producteurs de cacao a été longuement évoquée. Bien que la Côte d’Ivoire soit le premier producteur mondial, les planteurs vivent souvent dans des conditions précaires. Yves Mayobo dénonce un système qu’il juge déséquilibré, où les producteurs ne bénéficient pas pleinement des retombées de leur travail. Il souligne notamment l’écart entre les prix du marché international et les revenus perçus par les producteurs. Cette situation alimente un sentiment d’injustice et de frustration. « Pourquoi ceux qui produisent la richesse restent-ils les plus pauvres ? », s’interroge-t-il. Il appelle à une réforme du système, estimant qu’un modèle qui appauvrit ses producteurs ne peut être durable. Pour lui, la valorisation du cacao doit passer par une meilleure redistribution des revenus et une amélioration des conditions de vie des planteurs.
Liberté d’expression : une inquiétude croissante dans la société
Enfin, Yves Mayobo a abordé la question de la liberté d’expression, qu’il considère comme de plus en plus fragilisée en Côte d’Ivoire. Il dénonce un climat marqué par des arrestations et des intimidations liées à des prises de position sur les réseaux sociaux. Selon lui, la liberté d’expression est devenue « un slogan et non un droit », dans un contexte où les citoyens hésitent à s’exprimer par crainte de représailles. Il évoque une époque où les critiques politiques étaient plus libres, contrastant avec la situation actuelle qu’il juge préoccupante. Cette restriction de la parole, selon lui, a des conséquences sur la cohésion sociale. Elle crée un climat de méfiance et affaiblit les liens entre les citoyens et les institutions. Il estime que gouverner implique d’accepter la critique et de s’en servir pour améliorer la gouvernance. Citant le philosophe Baruch Spinoza, il rappelle que « la fin de l’État, c’est la liberté », insistant sur le rôle fondamental de cette valeur dans la construction d’une société équilibrée et démocratique. À travers cette intervention, Yves Mayobo met en lumière des défis majeurs qui touchent directement le quotidien des populations ivoiriennes. Du logement à l’énergie, en passant par l’agriculture et les libertés publiques, il appelle à une prise de conscience collective et à des actions concrètes pour bâtir une société plus juste, inclusive et équilibrée.



