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Propos xénophobes contre Thiam : le procureur explique pourquoi le ministre ne peut être poursuivi

Accusé de propos xénophobes contre Tidjane Thiam, le ministre Célestin Serey Doh ne peut être poursuivi, a précisé le procureur, invoquant l’absence de texte permettant de juger un ministre en fonction.

L’affaire des propos controversés du ministre délégué aux Affaires maritimes, Célestin Serey Doh, visant le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, continue d’alimenter le débat public, alors que plusieurs personnes ont récemment été interpellées pour injures au chef de l’État et offense aux institutions.

Les présidents de partis pas concernés
Ce jeudi 14 août 2025, lors de la 39ᵉ session de l’Academy organisée par l’Autorité nationale de la presse (ANP) à la Maison de la presse d’Abidjan, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan, Braman Koné, a tenu à clarifier le cadre juridique applicable.

« Pour être clair, il n’y a pas de texte qui permet de poursuivre un ministre en fonction », a affirmé le magistrat.
« Mais on peut poursuivre un ancien ministre pour des propos tenus lorsqu’il était en fonction, selon la loi de 2016 », a-t-il ajouté.

En Côte d’Ivoire, la loi sur la liberté de la presse comporte des dispositions spécifiques concernant l’offense aux institutions de la République, notamment le Président de la République, a rappelé le procureur.

« Cela ne concerne nullement le président d’un parti politique », a-t-il précisé.

Une vidéo devenue virale
Les propos incriminés ont été tenus le 8 février dernier, à Tacourably, dans la région du Guémon, lors d’une cérémonie de dons. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, Célestin Serey Doh met en cause l’ivoirité de Tidjane Thiam, l’accusant d’être d’origine sénégalaise par ses deux parents.

« Il s’appelle Thiam. Quand tu quittes le Sénégal pour venir en Côte d’Ivoire, tu vas sauter d’abord un pays. (…) Son papa est Sénégalais, sa maman est Sénégalaise. (…) On dit, c’est notre frère. Ou Alassane [Ouattara], même qui a sa maman qui est d’Odienné, on dit il n’est pas ivoirien. Donnez-moi de quelle région appartient le nom Thiam… », a notamment déclaré le ministre.

Ces déclarations ont poussé le Dr Osman Chérif, membre de la J-PDCI, à saisir la justice pour incitation à la haine identitaire. Il s’appuie sur les dispositions du code pénal réprimant les propos discriminatoires ou à caractère xénophobe.

Pour l’heure, aucune suite judiciaire n’a été engagée contre le ministre, protégé par son statut. Le gouvernement, par la voix de son porte-parole Amadou Coulibaly, a déclaré le 27 février ne pas avoir eu connaissance officielle de ces propos et n’a émis aucune condamnation.

 

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