
À l’occasion de cette tournée en Asie-Pacifique, il a exhorté les autorités à prendre des mesures concrètes contre ces scandales qui entachent l’institution religieuse.
Un appel fort lancé contre les abus sexuels
Lors de son arrivée au Timor Oriental le 9 septembre, troisième étape de sa tournée en Asie-Pacifique, le pape François a directement abordé un sujet sensible pour l’Église catholique de ce pays : les abus sexuels. Dans son discours prononcé au palais présidentiel, le pape a appelé les dirigeants à « prévenir toute forme d’abus » contre les enfants et les adolescents.
Dans son discours prononcé au palais présidentiel, le pape a appelé les dirigeants à « prévenir toute forme d’abus » contre les enfants et les adolescents.
Ce message intervient alors que le pays, majoritairement catholique, est secoué par des scandales de pédocriminalité dissimulés depuis des années, notamment celui impliquant Monseigneur Belo. Ce dernier, prix Nobel de la paix en 1996, a été accusé d’agressions sexuelles sur de jeunes garçons pendant deux décennies, avant d’être secrètement sanctionné par le Vatican en 2020.
Tolérance zéro, mais pas d’excuses
Bien que le pape François ait affirmé son engagement à appliquer une politique de « tolérance zéro » face aux abus, il n’a pas présenté d’excuses publiques aux victimes. Cette absence de reconnaissance des torts structurels de l’Église dans ces scandales a suscité des critiques, notamment de la part d’associations de défense des droits de l’Homme. Jusqu’à présent, aucune rencontre avec les victimes n’est prévue dans l’agenda du pape. Il s’exprimera néanmoins devant le clergé du pays le 10 septembre, une intervention attendue avec attention pour voir si d’autres mesures seront prises.
Malgré la gravité des sujets abordés, la visite de François a été marquée par un enthousiasme sans précédent. Accueilli avec des écharpes traditionnelles et des fleurs, le souverain pontife a été acclamé sur plusieurs kilomètres par une foule immense arborant des drapeaux du Vatican. Cette ferveur témoigne de l’attachement du Timor Oriental au catholicisme, qui remonte au XVIe siècle avec l’arrivée des missionnaires.
Le point culminant de cette visite sera la messe géante en plein air prévue le 10 septembre, à laquelle 700 000 fidèles sont attendus. Cette messe historique est la première depuis la visite de Jean-Paul II en 1989, lorsque le pays était encore sous occupation indonésienne.


