
Dans une salle rassemblant professionnels de la santé et médias, la parole a été donnée à ceux qui mènent, chaque jour, la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire. Ce combat, qui concerne désormais toutes les couches sociales, gagne en intensité grâce à une dynamique multisectorielle.
S’appuyer sur les médias pour booster l’information
Au nom du programme national de lutte contre le cancer, le responsable de la prévention a ouvert la rencontre en rappelant les enjeux. « Aujourd’hui, nous avons un parterre de journalistes. Ce que nous attendons de vous, ce n’est pas un simple relais d’information. Nous voulons faire de vous des acteurs à part entière de cette lutte » a affirmé Dr Augustin Bilé Kouamé.
Les médias sont ainsi invités à s’approprier les enjeux de la sensibilisation, à relayer les bons messages et à contribuer à briser les tabous. Car, dans de nombreuses régions, le cancer reste un sujet entouré de silence, souvent lié à des croyances ou à un manque cruel d’informations.
Les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé sont évidents. En 2022, la Côte d’Ivoire a enregistré près de 25 000 nouveaux cas de cancer et plus de 14 000 décès liés à la maladie. Parmi les types les plus fréquents, on retrouve les cancers du sein, du col de l’utérus, de la prostate, du foie et du rectum.
Face au tableau sombre, la sensibilisation est de mise
Avec les journalistes, la sensibilisation commence à porter ses fruits. « Nous avons constaté une hausse des consultations et des dépistages. Ce n’est pas parce que le cancer se répand davantage, mais parce que les gens consultent plus tôt », a précisé Dr BiléKouamé. Une évolution positive que les responsables du PNLCa attribuent notamment au travail des ONG et à l’appui de la presse.
Côté infrastructures, les efforts du gouvernement et de ses partenaires comme le Laboratoire Roche sont salués. Il y a deux ans encore, les services spécialisés étaient concentrés à Abidjan. Aujourd’hui, ils s’étendent progressivement à Bouaké, et bientôt à San Pedro, avec pour ambition de couvrir toutes les régions sanitaires du pays.
Sensibiliser sur les bons réflexes
Pour l’éducation au changement de comportement, le PNLCa compte sur la formation des journalistes, considérés comme des relais incontournables. « Pour avoir un impact durable, il faut que vous soyez bien formés. Ce que vous transmettez à la population doit reposer sur une information juste et compréhensible », a souligné Dr Kouamé.
Le distinguo sur les cas s’est établi sur les facteurs de risque et les causes. Le cancer de la prostate, par exemple, est plus fréquent chez les hommes de plus de 60 ans, mais il peut aussi toucher des individus plus jeunes. De la même manière, le tabagisme est un facteur de risque pour le cancer du poumon, mais il ne constitue pas une cause unique. Il est donc essentiel de savoir nuancer le message pour éviter la stigmatisation ou la confusion.
Les spécialistes présents ont également présenté les barrières qui freinent encore la détection précoce. Parmi elles, le manque d’infrastructures, le déficit d’accès au dépistage dans les zones rurales, ou encore le coût de certains examens. Pourtant, des méthodes simples existent, comme le test HPV pour le dépistage du cancer du col de l’utérus ou encore la palpation mammaire pour le cancer du sein.
Pour améliorer la lutte contre le cancer en Côte d’Ivoire, le PNLCa passe par une approche collective, dans laquelle chaque acteur État, partenaires techniques, professionnels de santé, médias et communautés a un rôle à jouer. L’atelier s’est achevé sur une note d’espoir, avec des engagements renouvelés pour renforcer la communication, soutenir les campagnes de dépistage et faire reculer la maladie à tous les niveaux.


