“Cette patiente est toute seule au monde à ce jour.” Ces mots sont de Thierry Peyrard, biologiste médical à l’Établissement français du sang (EFS). Ils résument l’ampleur de la découverte révélée le jeudi 19 juin 2025. « .
Une Guadeloupéenne est porteuse d’un groupe sanguin encore jamais identifié.
Baptisé « Gwada négatif », en clin d’œil à ses origines, ce groupe devient le 48ᵉ officiellement recensé dans le monde.
Une découverte exceptionnelle
Longtemps, les groupes sanguins les plus connus du grand public étaient les A, B, AB et O.
Mais en marge de cette classification, les chercheurs identifient depuis des décennies d’autres groupes bien plus rares.
Celui de cette donneuse guadeloupéenne s’ajoute désormais à la liste.
L’étude de ce cas rare a été menée par Thierry Peyrard, spécialiste reconnu des groupes sanguins rares à l’EFS.
“Maintenant qu’on connaît ce nouveau groupe sanguin, on a les moyens de le rechercher et d’espérer trouver d’autres personnes compatibles”, souligne-t-il.
Une rareté qui peut devenir un danger
Si cette singularité rend la patiente unique, elle représente aussi un risque en cas de besoin transfusionnel.
Recevoir un sang incompatible peut provoquer des effets graves : “Au minimum, ça peut créer une sensation de malaise (…), jusqu’au décès du patient dans les cas les plus graves”, précise le biologiste.
En France, on estime à environ 700.000 le nombre de personnes ayant un groupe sanguin rare.
Un sang est considéré comme tel lorsqu’il est retrouvé chez moins de quatre personnes sur mille.
Une avancée médicale présentée à Milan
La découverte de « Gwada négatif » a été présentée le 31 mai dernier au congrès mondial de la Société internationale de transfusion sanguine, à Milan.
Elle pourrait avoir des retombées bien au-delà de la transfusion.
Elle est notamment cruciale pour les femmes enceintes : si une future mère porte un sang rare, son organisme peut produire des anticorps capables de s’attaquer au fœtus.
Mais ces travaux ouvrent aussi des pistes en cancérologie, en neurologie, et même en rhumatologie.
Des médecins ont ainsi pu élucider les troubles articulaires de deux sœurs et de leur frère grâce à l’analyse de leur groupe sanguin rare.
“Ce qui est fascinant, c’est que cette découverte n’a pas uniquement des résultats fonctionnels. Elle permet de mieux comprendre les pathologies”, conclut Thierry Peyrard.



