Le Concours international Génie en Herbe OHADA (CIGHO) reste l’un des rendez-vous intellectuels du droit des affaires en Afrique. Chaque année, il réunit étudiants, professionnels et passionnés autour d’un même cadre : la maîtrise du droit OHADA (organisation et harmonisation du droit des affaires), devenue un pilier de l’intégration juridique du continent. Pour cette nouvelle édition, la Côte d’Ivoire a présenté une équipe jeune, déterminée et rigoureuse, qui a su réaffirmer la place du pays dans ce cercle d’excellence.
Au terme d’une phase de poules relevée, marquée par des échanges argumentés et des mises en situation complexes, la délégation ivoirienne a décroché sa place en demi-finale. Le plateau était dense, composé d’équipes déjà bien rodées aux compétitions régionales : le Cameroun, le Bénin et le Burkina Faso, tous habitués aux performances de haut niveau dans ce concours. La Côte d’Ivoire a d’abord croisé le Burkina Faso, considérée comme l’équipe la plus affûtée de la poule B. Les Ivoiriens ont su rester constants, enchaînant analyses juridiques, démonstrations précises et interventions bien structurées. Cette victoire les a propulsés en finale face au Bénin, autre habitué des distinctions au CIGHO.
Une finale très disputée
La dernière étape a opposé les deux équipes dans un cadre rigoureux, rythmé par les plaidoiries, les études de cas et les questions de fond. Les représentants ivoiriens ont particulièrement brillé lors de l’épreuve de plaidoirie, un exercice qui demande à la fois maîtrise technique, gestion du temps et capacité à défendre une position sans hésitation. Face au Bénin, la Côte d’Ivoire a pris le dessus lors de cette séquence, confirmant la préparation intensive menée depuis plusieurs mois. La qualité de l’argumentaire, la précision dans la citation des actes uniformes et la fluidité des interventions ont été données à l’équipe une avance nette dans cette partie de la compétition. Cependant, la victoire finale s’est jouée sur l’ensemble des épreuves, et la plaidoirie seule n’a pas permis à la délégation ivoirienne de décrocher la première place. Malgré cela, le pays repart avec une distinction importante : le statut de vice-champion de cette édition du CIGHO.
La sélection ivoirienne était composée de trois étudiants issus d’universités différentes, réunis autour d’un même engagement pour le droit OHADA :
Chigbeu Esso Prevel, étudiant en Master 2 de Droit privé aux Facultés universitaires privées d’Abidjan (FUPA), capitaine de l’équipe ;
Koua Klomyèn Kenania, étudiante en Master 1 de Droit privé à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody ;
Diabaté Sephora Massi Campbelle, étudiante en Licence 2 de Droit à l’Université Nord-Sud d’Abidjan.
La victoire finale s’est jouée sur l’ensemble des épreuves, et la plaidoirie seule n’a pas permis à la délégation ivoirienne de décrocher la première place.
Tous trois ont montré une connaissance claire du droit OHADA, mais également une capacité à travailler ensemble, à ajuster leurs stratégies et à se soutenir au fil des épreuves. Leur complémentarité a été l’un des points forts du groupe. Le capitaine, Chigbeu Esso Prevel, a en outre été distingué comme meilleur plaideur de la compétition, une reconnaissance individuelle qui met en lumière le sérieux de son engagement. Il décroche ainsi le titre de Plaideur d’or, l’une des distinctions les plus respectées dans le concours.
Une préparation encadrée par des anciens du concours
Cette performance s’explique également par l’encadrement mis en place autour de l’équipe. Les étudiants ont travaillé sous la supervision de Marc Arnaud Ahia, juriste, double champion national du concours et demi-finaliste à l’édition de N’Djaména en 2021. Son accompagnement a permis aux candidats d’aborder le concours avec une méthodologie structurée et une meilleure maîtrise des exigences de la compétition. La coordination générale a été assurée par Yapo N’Gbo Daniel, magistrat au Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau et lauréat de la 10ᵉ édition du concours. Son expérience a guidé l’équipe dans la gestion des épreuves techniques et dans la compréhension des enjeux liés aux cas pratiques. En repartant de cette édition avec le titre de vice-champion, la Côte d’Ivoire rappelle qu’elle demeure une nation importante du concours. Le pays a également obtenu deux distinctions d’honneur :
Prix du meilleur plaideur, attribué à Chigbeu Esso Prevel ;
Championne de l’épreuve de plaidoirie, récompensant la qualité collective de l’équipe lors de cette étape.
Ces résultats témoignent d’un retour solide après quelques années de relative discrétion. Ils encouragent une nouvelle génération d’étudiants ivoiriens à s’engager davantage dans la maîtrise du droit OHADA, outil essentiel pour les économies africaines. Cette participation, marquée par des prestations maîtrisées, confirme le potentiel des universités ivoiriennes et leur capacité à rivaliser avec les meilleures institutions du continent. L’édition à venir s’annonce déjà comme un nouveau défi, mais la Côte d’Ivoire a démontré qu’elle disposait d’atouts sérieux pour continuer à jouer un rôle de premier plan.



