Le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique a intensifié ses actions de contrôle sur le terrain. Le mardi 5 mai 2026, une mission conjointe menée en synergie avec les ministères de la Santé et de l’Industrie s’est rendue dans plusieurs unités industrielles de production de ciment et de béton, notamment CIMAF, SI BETON et ABEILLE BETON, implantées dans les communes de Yopougon et Attécoubé.
L’objectif de ces visites est de dresser un état des lieux précis du respect des normes environnementales et sociales, près d’un an après les audits réalisés en juillet 2025 par le Centre ivoirien antipollution (CIAPOL) et l’Agence nationale de l’environnement (ANDE). Conduite par la Directrice générale de l’Environnement, Dr Jeanne N’tain, représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, cette descente s’inscrit dans le cadre du suivi des plans d’actions correctives imposés aux entreprises concernées.
« Nos techniciens ont fait des propositions pour améliorer le cadre de travail du personnel, mais nous constatons que certaines n’ont pas été prises en compte », a-t-elle regretté.
Sur le terrain, les équipes techniques ont procédé à des vérifications approfondies, allant de l’état des installations industrielles aux conditions de travail du personnel, en passant par les dispositifs d’hygiène et de gestion des déchets. Le constat dressé à l’issue de cette visite est jugé « mitigé » par les autorités. Dans plusieurs unités inspectées, des insuffisances notables ont été relevées.
Insuffisances persistantes malgré les recommandations
Les agents ont notamment observé des écarts dans l’application des recommandations formulées lors des précédents audits, notamment en matière de gestion des émissions polluantes, d’entretien des équipements et d’amélioration du cadre de travail des employés. L’état des sanitaires, les dispositifs de sécurité ainsi que certaines conditions d’exploitation ont également retenu l’attention des inspecteurs. « Ces visites nous permettent de voir concrètement ce qui est fait et ce qui ne l’est pas », a indiqué Dr Jeanne N’tain.
Selon elle, bien que des efforts aient été amorcés par certaines entreprises, plusieurs recommandations restent encore non appliquées. « Nos techniciens ont fait des propositions pour améliorer le cadre de travail du personnel, mais nous constatons que certaines n’ont pas été prises en compte », a-t-elle regretté. La mission a ainsi permis de collecter des données essentielles qui feront l’objet d’une analyse approfondie dans les prochains jours. Pour les autorités, il ne s’agit pas uniquement de sanctionner, mais d’accompagner les entreprises vers une meilleure conformité.
« Il y a des normes obligatoires, mais c’est tout un processus. Nous commençons par les accompagner, et si au bout d’un certain temps les recommandations ne sont pas appliquées, alors les sanctions interviennent », a précisé la Directrice générale. Sur chaque site visité, les équipes ont accordé une attention particulière aux conditions d’hygiène, notamment l’état des toilettes et des espaces de travail, afin de s’assurer du respect des règles sanitaires en vigueur. Ces aspects, souvent négligés, constituent pourtant un indicateur clé du niveau de responsabilité sociale des entreprises industrielles.
Un ultimatum avant d’éventuelles sanctions
Au terme de la visite, un ultimatum a été fixé aux différentes sociétés inspectées. Elles sont appelées à engager rapidement des travaux correctifs pour se conformer aux exigences en matière d’hygiène, de sécurité et de protection de l’environnement. Faute de quoi, elles s’exposent à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. Pour le ministère, ces descentes sur le terrain sont essentielles pour compléter les rapports techniques et mieux orienter les décisions. « L’administration centrale doit s’imprégner des réalités du terrain pour prendre des décisions idoines », a insisté Dr N’tain, soulignant que ces contrôles ne sont pas une première et s’inscrivent dans un dispositif régulier de surveillance.
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Au-delà des manquements relevés, cette mission met en lumière les défis persistants liés à l’industrialisation et à la protection de l’environnement en Côte d’Ivoire. Elle rappelle surtout l’urgence pour les entreprises de concilier performance économique et respect des normes environnementales, sous peine de sanctions. Les conclusions finales de cette mission devraient être rendues publiques « après analyse des données recueillies ». Elles permettront d’évaluer précisément les niveaux d’impact de ces industries sur leur environnement et de définir les mesures correctives ou coercitives à mettre en œuvre.



