05252022Headline:

Côte d’Ivoire: inquiétude des VTC face à la nouvelle réglementation

Depuis quelques jours, les chauffeurs de véhicule de transport avec chauffeur (VTC) abidjanais sont inquiets. Il y a quelques jours, l’autorité de régulation du transport intérieur a rappelé que l’activité était désormais régie par un décret pris le 15 décembre 2021, mais passé alors relativement inaperçu. Ce décret, publié ces jours-ci, définit un cadre juridique très contraignant pour les entreprises de VTC.

Depuis quelques années, les grandes plateformes telles qu’Uber ou Yango, tout comme les startups ivoiriennes, bénéficiaient d’un flou juridique pour exercer une activité vécue par les taxis compteurs comme de la concurrence déloyale. Dans un pays où le secteur du transport est très puissant, le gouvernement a choisi de réguler le secteur des VTC fin 2021.

Si en façade tout le monde s’en réjouit, les dispositions du décret font grincer des dents chez les professionnels du VTC. Désormais, les plateformes devront payer 20 000 000 francs CFA (environ 30 000 euros) le droit d’exercer. Un coup dur pour les startups ivoiriennes. Les chauffeurs devront aussi passer le CACR, un examen de conduite demandé jusqu’à présent aux seuls chauffeurs routiers.

Mais surtout, le décret stipule que la puissance des moteurs des véhicules servant à l’activité VTC ne peut être inférieure à 114 chevaux. Cela élimine de fait 90% de l’actuel parc VTC en Côte d’Ivoire, estime Kouamé N’Da le président de la Mutuelle des entrepreneurs de VTC : « Aujourd’hui, le VTC c’est minimum 40 000 emplois directs. Quand on regarde le test tel qu’il est présenté aujourd’hui, il n’est pas du tout applicable. On nous demande d’avoir des véhicules de 114 chevaux, qui, sur le parc auprès des concessionnaires, commencent à partir de 14 millions de francs CFA. Je ne sais pas quel investisseur mettra 14 millions pour acheter un véhicule. Le décret en réalité n’est pas forcément mauvais, il y a des points qui sont bons dedans, sauf qu’il y a des points à améliorer. Nous, notre position, c’est comment accompagner l’État au mieux pour faire asseoir la réglementation dans notre secteur d’activité. »

Le ministre des Transports, Amadou Koné, promet pour sa part qu’il recevra de nouveau tous les acteurs de la filière. « L’application du décret fera l’objet d’ateliers qui débuteront dès la semaine prochaine », annonce encore le ministre.

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