La préfecture de police du Gôh-Djiboua, basée à Gagnoa, a tenu mercredi 09 juillet 2025 au centre culturel de Divo sa réunion mensuelle tournante, au cours de laquelle elle a alerté les populations sur la dangerosité croissante des drogues, notamment la “Kadhafi” associée au tramadol, et l’apparition d’une nouvelle substance encore plus nocive.
Deux responsables de police de l’antenne régionale de la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (DPSD), respectivement commissaire principal de police, Zobo Gba Grégoire, de Divo, et commissaire N’Doua Kouamé Lacombe, de Gagnoa, ont, au cours de la rencontre avec les populations, exposé sur les deux drogues les plus dangereuses actuellement consommées par les jeunes ivoiriens.
Ils ont expliqué qu’à côté des drogues connues, notamment les perturbateurs comme le cannabis, les dépresseurs, l’héroïne, et les stimulants comme la cocaïne, une substance psychotrope nouvelle avait surgi en 2023 en Côte d’Ivoire, dénommée par les jeunes ‘’Kadhafi’’. Cette substance est concoctée par ceux-ci, en associant la consommation de boissons énergisantes alcoolisées avec de fortes doses de comprimés de contrebande de tramadol.
Sur le marché noir, le tramadol est dosé de 120, 225 à 250 mg, alors que la dose officielle prescrite et vendue en pharmacie est de 50, 100 à 150 mg, et est destiné au traitement des fortes douleurs. La consommation de cette drogue par les jeunes a pris le pas sur celle du cannabis, avec un comprimé de tramadol payé en contrebande à 3000 FCFA.
Les conséquences sur les jeunes sont graves car mortelles ou invalidantes, détruisant les jeunes scolarisés et non scolarisés, faisant de certains des criminels en quête constante d’argent pour aller acheter leur dose de drogue. Le corps humain ne peut supporter au total que 400mg de tramadol, alors que des jeunes consommateurs vont parfois jusqu’à 750 voire 1000mg, causant une mort irrémédiable, a relevé commissaire Zobo.
A côté du Tramadol, « une nouvelle drogue est en train de venir en puissance. Il est 10 fois plus dangereux que le tramadol, il s’agit du Tapentadol ou Palexia LP, un antalgique puissant, utilisé dans le traitement des douleurs chroniques sévères d’origine cancéreuse de l’adulte », a révélé à son tour le commissaire N’Doua Kouamé.
« Pour y mettre fin maintenant, nous sommes tous interpellés, parents, leaders de jeunes, enseignants, femmes, guides religieux, autorités coutumières, et la police nationale », a-t-il soutenu, indiquant la sensibilisation tous azimut comme la plus pratique approche.
Les signes d’alerte sont le changement de comportement de l’enfant qui subitement s’isole en famille, souvent dehors, devient irascible, a une chute inhabituelle dans ses résultats scolaires.
Les parents ont été appelé à la vigilance au cours de ces vacances scolaires et même en cours d’année scolaire, en veillant sur les fréquentations de leurs enfants, pour que ceux-ci ne soient pas poussés à la consommation de la drogue car, a soutenu commissaire Zobo, « la mauvaise compagnie est à 90% celle qui fait basculer les élèves psychologiquement fragiles dans la consommation de la drogue ».



