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Côte d’Ivoire: Le rapport « Profil Genre » 2025 révèle des inégalités profondes malgré quelques avancées

Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les inégalités de genre demeurent une réalité préoccupante en Côte d’Ivoire. C’est ce que révèle le dernier rapport du « Profil Genre Côte d’Ivoire », présenté le mercredi 10 décembre 2025 au cours d’une rencontre réunissant acteurs institutionnels et partenaires techniques.

Ce rapport a été élaboré par le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant; ONU-Femmes et la Banque Africaine de Développement (BAD).

Rapport 2022
Ce document dresse actuellement un état des lieux détaillé de l’égalité entre les femmes et les hommes à travers des données désagrégées couvrant les secteurs juridique, institutionnel, sécuritaire, économique, éducatif et sanitaire.

Il met en évidence un paradoxe. En effet, alors que l’incidence de la pauvreté a reculé, passant de 44 % en 2015 à 39,4 % en 2018, les écarts entre les sexes restent largement ancrés.

Sur le plan juridique, le rapport souligne que si le cadre juridique existe, son application demeure lente et inégale.

Les normes sociales défavorables aux femmes continuent de freiner l’effectivité des lois, limitant l’accès équitable aux services juridiques et à la justice.

Les disparités sont particulièrement visibles au niveau institutionnel et politique. Les femmes ne représentent que 22,58 % des membres du gouvernement, 13,33 % des députés à l’Assemblée nationale et moins de 8 % des maires. L’Indice d’égalité du genre en Afrique, évalué à 0,153, est qualifié de « très faible », traduisant un déficit structurel de représentation et de pouvoir décisionnel.

Dans le secteur sécuritaire, quelques avancées sont notées avec l’intégration progressive des femmes au sein de la gendarmerie, de la police et de l’armée. Toutefois, leur présence reste marginale : moins de 10 % des postes de responsabilité dans la police sont occupés par des femmes, et celles-ci ne représentent que 4 % des effectifs engagés dans les opérations de maintien de la paix.

Les écarts sont tout aussi marqués sur le plan économique. Les femmes sont majoritaires dans les très petites entreprises (72,6 %), mais quasi absentes des grandes entreprises (4,6 %). Leur accès au crédit demeure limité, tout comme leur capacité à intégrer les secteurs les plus rémunérateurs. Cette situation se reflète dans les revenus : le salaire moyen des femmes (78 541 FCFA) reste nettement inférieur à celui des hommes (128 016 FCFA).

L’appel du gouvernement
En matière d’éducation, si des progrès sont observés au primaire, ceux-ci s’estompent au secondaire et au supérieur. Les filles restent sous-représentées, notamment dans les filières scientifiques et technologiques, où elles ne constituent que 29,3 % des effectifs. Les disparités en alphabétisation persistantes et les taux d’achèvement du secondaire demeurent faibles.

Sur le plan sanitaire, le rapport note une des indicateurs, notamment en ce qui concerne la mortalité maternelle et infantile. Néanmoins, l’accès aux services de santé reste entravé par des normes sociales persistantes et par les difficultés rencontrées par les femmes pour accéder à la propriété foncière, facteur clé de sécurité économique et sociale.

Le chômage touche également davantage les femmes, avec un taux de 3,7 % contre 2,4 % pour les hommes, une situation particulièrement marquée en milieu urbain.

Face à ce constat, le directeur de cabinet du MFFE, Moussa Diarrassouba, a appelé l’ensemble des acteurs publics, communautaires et partenaires au développement à s’approprier les données du rapport afin de « les transformer en actions concrètes et en progrès mesurables dans la vie des femmes et des hommes ».

Un appel qui rappelle que, malgré les avancées, la réduction des inégalités de genre en Côte d’Ivoire reste un chantier majeur, nécessitant des politiques plus inclusives et une mobilisation collective durable.

 

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