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Côte d’Ivoire : Voix de femmes et de jeunes pour préserver la paix

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2025, des citoyens de divers quartiers d’Abidjan se sont exprimés sur l’importance de la paix et du vivre-ensemble. Mères de famille, jeunes engagés et citoyens ordinaires rappellent les douleurs du passé et formulent un appel à la responsabilité collective.

Des femmes marquées par les souvenirs des crises. C’est le cas de Juliette, 37 ans, mère de trois enfants, qui se souvient encore de la crise de 2002. « J’étais adolescente, mais j’ai vu des choses que je n’oublierai jamais. Aujourd’hui, mon fils aîné passe le bac. Ce que je souhaite, c’est que mes enfants grandissent dans un pays stable, où les gens se parlent franchement, avec sincérité. »

« Après la politique, la vie continue »
Juliette et Cie plaident pour un dialogue réel entre les Ivoiriens, loin des querelles politiciennes. « La vraie cohésion commence dans les familles, entre voisins, dans les quartiers. Les dirigeants doivent donner l’exemple, mais c’est à nous aussi, citoyens, de refuser la division. » Tout près d’elle, Élisabeth, mère de cinq enfants, la cinquantaine bien sonnée, évoque son propre vécu.

« En 2002, j’étais enceinte. J’ai connu la peur, les nuits sans sommeil. Aujourd’hui, grâce à Dieu, le pays a tenu. Mais il faut rester vigilant. La paix se construit chaque jour. » Pour elle, l’unité doit dépasser les appartenances religieuses ou ethniques. « Chrétien, musulman, étranger ou non, si tu vis ici, tu fais partie de cette nation. »
Dans la foule, un habitant de Marcory, la quarantaine, se fait plus direct. « On ne doit pas se laisser manipuler. Les politiciens passent, mais la Côte d’Ivoire reste. Eux, leurs enfants étudient en Europe. Nous, on est ici, on vit ici. » Il appelle à la vigilance face aux discours partisans et au respect de l’autre.

« Quand les élections approchent, les gens se saluent, se promettent monts et merveilles. Mais dès que c’est fini, tout le monde disparaît. Ce n’est pas ça, la paix. » À ses yeux, l’attachement à la nation doit être plus fort que les calculs électoraux. « On doit comprendre qu’on a un seul pays. Il faut qu’on arrête de se diviser. Que chacun vote, oui, mais sans haine, sans violence. »

Une jeunesse consciente et lucide
Un autre témoignage, venu de Yopougon, retient l’attention. Un jeune homme, la trentaine, raconte son quotidien dans un quartier mêlant chrétiens et musulmans. « On a grandi ensemble, on a joué au foot ensemble, on se fréquente toujours. Pourquoi changer à cause des élections ? »

Il interpelle les aînés. « Ceux qu’on appelle nos devanciers doivent nous montrer le bon exemple. Pas venir nous dire de ne pas parler à un tel parce qu’il est chrétien ou musulman. On est tous issus d’Adam et Ève. »
Et de mettre en garde ses pairs. « Ne vous laissez pas embarquer. Les enfants de ceux pour qui vous allez casser les rues sont ailleurs, dans de grandes écoles. C’est nous, les enfants des quartiers, qui payons le prix fort. » Les élections approchent, dit-il, mais elles ne doivent pas servir de prétexte à la division. « Va voter si tu veux. Mais après, rentre chez toi. Celui qui veut se battre pour un politicien, qu’il sache que ça n’engage que lui. »

Une parole citoyenne à écouter
Ces paroles recueillies lors d’un rassemblement religieux sont autant d’appels à la lucidité et à la responsabilité. Elles révèlent une prise de conscience profonde, celle que la paix n’est pas un slogan, mais un état d’esprit à entretenir au quotidien.

Des mères, des pères, des jeunes de tous horizons, ont choisi de faire entendre une autre voix. Celle du bon sens, de l’unité et de l’amour de la patrie. À travers leurs mots, la chose certaine est l’avenir de la Côte d’Ivoire qui appartient à ceux qui refusent de retomber dans les travers du passé.

 

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