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En Côte d’Ivoire: La loi punit l’adultère jusqu’à un an de prison


L’adultère n’est pas qu’une affaire privée en Côte d’Ivoire, c’est un délit pénal passible d’emprisonnement. Contrairement à de nombreux pays qui ont dépénalisé l’infidélité conjugale, le législateur ivoirien maintient une sanction stricte contre les époux infidèles et leurs complices.

L’article 456 du Code pénal ivoirien, tel que modifié par la loi n°2021-893 du 21 décembre 2021, dispose clairement « Sont punis d’un emprisonnement de deux mois à un an, le mari ou la femme convaincu d’adultère, ainsi que son complice ». Cette disposition s’applique aussi bien aux hommes qu’aux femmes mariés, avec toutefois une nuance importante concernant la définition de l’adultère masculin.

Pour la femme mariée, tout acte d’adultère est punissable, tandis que pour l’homme marié, la loi distingue deux situations, l’adultère commis dans la maison conjugale (toujours punissable) et les relations sexuelles habituelles avec une autre femme hors du domicile conjugal. Cette différence de traitement reflète une approche qui a été critiquée pour son caractère discriminatoire.

Les conditions de poursuites
Les poursuites pénales ne peuvent être engagées que sur plainte du conjoint offensé, ce qui fait de l’adultère un délit de nature particulière. Le pardon du conjoint trompé peut éteindre l’action publique. Les seules preuves admises contre le complice sont le flagrant délit ou les lettres et pièces écrites de sa main.

Un dispositif contesté
Cette pénalisation de l’adultère est devenue « anachronique » selon certains juristes, qui estiment qu’elle va à l’encontre de la cohésion familiale recherchée par le législateur. En pratique, l’instabilité des mariages en Côte d’Ivoire est essentiellement due à l’adultère depuis l’adoption de la loi n°64-375 du 7 octobre 1964 relative au mariage.

Les conséquences sur le plan civil
Au-delà des sanctions pénales, l’adultère peut également entraîner un divorce pour faute, où les torts reviendraient exclusivement au conjoint infidèle. Toutefois, selon la loi n°64-376 du 7 octobre 1964 modifiée relative au divorce, l’adultère n’est pas une cause péremptoire de divorce, il appartient au juge de ne prononcer la dissolution du mariage qu’à condition que l’infidélité rende intolérable le maintien du lien conjugal.

Une application limitée
Malgré l’existence de cette loi, les cas d’arrestation et de condamnation pour adultère demeurent rares en Côte d’Ivoire. L’application de cette disposition pénale reste exceptionnelle, la plupart des couples préférant régler les questions d’infidélité sur le plan civil ou dans la sphère privée.

La législation ivoirienne continue de sanctionner pénalement l’adultère avec une peine pouvant aller de 2 mois à 1 an de prison, faisant de la Côte d’Ivoire l’un des rares pays africains à maintenir cette criminalisation, malgré les débats sur sa pertinence dans une société moderne.

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