05052026Headline:

En Côte d’Ivoire: Le débat sur la gratuité des concours administratifs est relancé

La FIDHOP et « TROP C’EST TROP » dénoncent un « racket » financier sur les concours ivoiriens. Ils réclament la fin d’un système qui entrave la dignité.

En Côte d’Ivoire, la question du coût des concours administratifs revient au centre de l’actualité. À l’origine de cette relance, un dossier publié par la Fondation internationale pour l’observation et la surveillance des droits de l’homme et la vie pacifique (FIDHOP), en collaboration avec le mouvement Trop c’est trop (TCT). Les deux organisations dénoncent des pratiques qu’elles jugent pénalisantes pour les jeunes diplômés et appellent à une réforme en profondeur du système.

Une réalité plus complexe
Pour les auteurs du document, l’enjeu dépasse la simple organisation des épreuves. Il touche au droit au travail, considéré comme fondamental. « Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail », rappelle le texte en citant la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dans cette perspective, les concours de la fonction publique devraient garantir une égalité d’accès à l’emploi.

Mais sur le terrain, de nombreux candidats décrivent une réalité plus complexe. Chaque année, des milliers de jeunes se présentent aux concours, souvent après plusieurs tentatives infructueuses. Ils dénoncent notamment le coût global des procédures. Entre la préinscription, les dossiers administratifs, les visites médicales et les autres frais annexes, la facture peut atteindre près de 100 000 francs CFA par candidat.

La FIDHOP et le TCT évoquent même un « racket quasi institutionnel ». Dans leur document, ils affirment que certains candidats seraient confrontés à des pratiques de corruption, avec des sommes « se chiffrant en millions de francs CFA » pour espérer être admis. Une situation qui alimente la frustration. « On vole nos jeunes ! », s’indignent-ils.

Les critiques portent également sur le nombre de candidatures. Pour le concours du CAFOP en 2026, près de 68 000 candidats ont été enregistrés pour 7 000 places. Dans l’enseignement secondaire, environ 50 000 postulants ont été mobilisés pour un besoin estimé à 2 000 enseignants. Des chiffres qui interrogent sur l’adéquation entre formation et recrutement.

Plusieurs recommandations
Autre point soulevé : la transparence des résultats. La publication en ligne, désormais privilégiée, est jugée moins fiable par certains observateurs. Selon le dossier, elle « favoriserait la triche » avec des risques d’ajouts frauduleux sur les listes d’admis. Les organisations recommandent un retour à l’affichage public pour renforcer la crédibilité du processus.

La ministre Anne Désirée Ouloto ne s’est pas encore prononcée en faveur d’une gratuité totale des frais d’inscription, mais son ministère met en avant les mesures déjà engagées pour en réduire le coût et en renforcer la transparence. Pour les concours administratifs en 2026, les frais ont ainsi été fixés à 23 500 FCFA, avec un appel au strict respect de ces montants et une dénonciation des « frais parallèles ».

La ministre assure par ailleurs vouloir intensifier la lutte contre les réseaux frauduleux. « Plus personne ne paiera [illégalement] pour un concours en Côte d’Ivoire », a récemment déclaré celle qui mise sur les paiements électroniques pour sécuriser les transactions et limiter les intermédiaires, dans l’optique d’améliorer l’égalité des chances.

De leur côté, la FIDHOP et le TCT formulent plusieurs recommandations. Elles plaident pour la gratuité des concours ou, à défaut, une réduction significative des frais. Elles appellent aussi à « lutter activement contre toutes sortes de corruptions » et à instaurer un dossier unique pour les candidats.

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