La fureur s’est abattue dans la mi-journée du dimanche 2 novembre 2025, sur le domicile et les biens de Kiffy Gnagno Kadji Adolphe, chef de Kpapekou, village situé dans la sous-préfecture de Ouragahio. Des jeunes en colère ont tout saccagé et ont mis le feu à son maquis.
Une violente scène de colère populaire a éclaté dans le village de Kpapekou, situé dans la sous-préfecture de Ouragahio, au centre-ouest de la Côte d’Ivoire, le dimanche 2 novembre 2025. En représailles à l’arrestation de Bahoua Serge Alain, secrétaire général de la jeunesse, des jeunes manifestants ont pris d’assaut le domicile du chef du village, Kiffy Gnagno Kadji Adolphe, avant de saccager ses biens et d’incendier son maquis.
Les raisons profondes
Ce climat d’extrême tension fait suite aux événements survenus lors de l’élection présidentielle du samedi 25 octobre 2025. Selon les informations recueillies auprès de notre point focal à Ouragahio, qui s’est rendu sur les lieux le lundi 3 novembre, tout serait parti d’un dispositif de blocage improvisé par des jeunes du village. Ceux-ci auraient dressé des barricades pour empêcher la circulation le jour du scrutin, dans un contexte fortement sensible marqué par des suspicions d’irrégularités électorales et une méfiance accrue envers les institutions.
Alertées par un appel anonyme, les forces de l’ordre auraient alors rapidement dépêché une équipe afin de rétablir la circulation. L’arrestation de Bahoua Serge Alain, est intervenue à la suite des événements. Pour les jeunes de Kpapekou, il ne fait aucun doute que le chef du village aurait non seulement prévenu les autorités, mais également joué un rôle dans l’arrestation de leur leader. Une accusation que certains habitants persistent à affirmer, évoquant des tensions latentes entre l’autorité traditionnelle et une partie de la jeunesse depuis lors.
Quelques heures plus tard, un groupe de jeunes en furie a envahi la résidence du chef
Dans cette atmosphère explosive, l’arrestation de Bahoua Alain Serge a été perçue comme une provocation et une trahison. Quelques heures plus tard, un groupe de jeunes en furie a envahi la résidence du chef. Portes arrachées, fenêtres brisées, mobilier détruit : la cour du chef traditionnel a été transformée en un véritable champ de ruines.
Son maquis, situé à quelques encablures a été incendié. « C’était le chaos total, des cris, des jets de pierres et beaucoup de fumée », confie un villageois témoin des faits, qui a préféré garder l’anonymat par crainte de représailles.
L’intervention des forces de l’ordre
Face à la montée des violences, les forces de l’ordre sont intervenues pour éviter un embrasement généralisé du village. Leur action rapide a permis de contenir la situation et de limiter l’extension des dégâts à d’autres quartiers. La zone a été sécurisée et plusieurs patrouilles ont été déployées afin de prévenir tout risque de nouvelles échauffourées.
Contacté par notre point focal pour donner sa version des faits, le chef du village, Kiffy Gnagno Kadji Adolphe, a choisi de s’abstenir pour le moment de tout commentaire.
Les autorités locales, pour leur part, ont invité les populations au dialogue et à la retenue. Une enquête a été ouverte. L’objectif affiché est clair : restaurer durablement la paix sociale et éviter que ce conflit ne s’envenime davantage dans ce village.



