La ville de M’batto (région du Moronou) a été, le jeudi 7 mai 2026, le théâtre de manifestations de producteurs de cacao en attente de l’argent de leurs produits vendus depuis le mois d’octobre 2025. Les manifestants ont érigé des barricades sur des artères. La gendarmerie a réagi au moyen de gaz lacrymogène et a interpellé 3 individus.
La ville de M’batto, dans le centre-est de la Côte d’Ivoire, a connu une vive agitation dans la matinée du jeudi 7 mai 2026. Des producteurs de cacao, mécontents de ne toujours pas avoir perçu l’argent issu de la vente de leurs produits depuis octobre 2025, sont descendus dans les rues pour exprimer leur colère. Les manifestations ont entraîné l’érection de barricades sur plusieurs artères de la ville, avant l’intervention des forces de l’ordre qui ont procédé à des dispersions et à l’interpellation de trois individus.
Une si longue attente…
Selon plusieurs sources locales, les planteurs de la localité vivent depuis plusieurs mois dans l’attente du paiement de leurs récoltes commercialisées à la suite de l’annonce du nouveau prix du kilogramme de cacao fixé à 2 800 FCFA. Une situation qui suscite incompréhension et frustration au sein des producteurs, dont certains affirment être en possession de reçus datant d’octobre 2025, attestant de la vente de leur cacao.
Toujours selon nos informations, la tension est montée après que des producteurs de M’batto ont appris que dans d’autres régions du pays, des planteurs confrontés à la même situation avaient commencé à manifester pour réclamer leurs paiements. Inspirés par ces mouvements de protestation, plusieurs jeunes producteurs de la ville ont décidé de passer à l’action en érigeant des barricades sur certaines voies stratégiques de la commune afin d’attirer l’attention des autorités administratives et des acteurs de la filière cacao.
La proximité de l’un des barrages avec les locaux de la gendarmerie nationale a rapidement mobilisé les forces de sécurité
Les manifestants ont notamment bloqué plusieurs artères à l’aide de branchages, de pneus et d’objets divers, perturbant momentanément la circulation dans la ville. La proximité de l’un des barrages avec les locaux de la gendarmerie nationale a rapidement mobilisé les forces de sécurité. Les gendarmes sont intervenus pour disperser les protestataires au moyen de gaz lacrymogène et procéder au démantèlement des barricades installées par les manifestants.
Au cours de l’opération, trois individus ont été interpellés. Selon des témoignages recueillis sur place, deux d’entre eux participaient activement à la manifestation. Le troisième, présenté par des habitants comme un simple passant n’ayant aucun lien avec les protestations, aurait également été arrêté puis conduit à la gendarmerie après avoir été violenté à coups de matraque.
Les manifestants en colère devant la gendarmerie
Cette interpellation a immédiatement provoqué la colère des manifestants et de plusieurs jeunes de la ville. En grand nombre, ces derniers se sont rendus devant les locaux de la gendarmerie pour exiger la libération des personnes arrêtées. La tension est alors montée d’un cran, faisant craindre une escalade des affrontements entre les populations et les forces de l’ordre.
Face à cette situation explosive, des leaders de jeunesse ont engagé des discussions avec les responsables de la gendarmerie afin d’éviter un embrasement de la ville. Après plusieurs échanges, les trois individus interpellés ont finalement été relâchés. Le jeune homme blessé lors de son arrestation a été transporté à moto dans un centre de santé pour recevoir des soins.
En fin de matinée, un calme précaire régnait à M’batto, même si la frustration des producteurs reste perceptible. Plusieurs habitants appellent désormais les autorités compétentes et les acteurs de la filière cacao à trouver rapidement une solution au problème des paiements afin d’éviter de nouvelles tensions dans cette localité du Moronou.



