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OPA – Objectif Paix en Afrique : Des religieux donnent de la voix pour des élections apaisées

Dans une foi commune et main dans la main, des religieux font profession de foi pour la paix en période électorale. Le grand meeting d’appel à la paix, la cohésion et à la coexistence pacifique est intervenu, dimanche 15 juin 2025, dans la cuvette de la salle d’Anoumabo bondée de monde. Ce mouvement œcuménique a rassemblé des frères et sœurs évangéliques, musulmans et catholiques diffusant l’image d’une Côte d’Ivoire de la diversité et multiculturelle par sa diversité.

A 17 semaines des élections 2025 en Côte d’Ivoire, les religieux renforcent leur unité pour éviter les violences (d’où qu’elle vienne). « Pour préserver cette paix, chacun compte et il nous faudra compter sur les fidèles musulmans, catholiques et évangéliques ». Foi d’Objectif Paix en Afrique (OPA), dirigé par le Pasteur Wilfried Zahui. L’événement s’est voulu un cadre d’unité, de prière, de réflexion, mais surtout de fraternité. Ce dimanche, la foi aura réuni ce que la politique tente parfois de séparer.

La diversité religieuse comme socle de stabilité
Le pasteur Wilfried Zahui a tracé la voie à suivre. Selon lui, « la paix ne se limite pas à l’absence de conflit. C’est un état d’esprit qui s’entretient ». Il a partagé un bout de son parcours personnel qui l’a amené à avoir un père catholique et à être éduqué dans une maison musulmane. « Cette diversité dans laquelle j’ai grandi, c’est celle de la Côte d’Ivoire. Nous sommes une famille aux croyances variées, mais unie dans la même maison », a-t-il affirmé sous standing ovations.

« Quand on vous demande de haïr votre voisin parce qu’il vote autrement, rappelez-vous : aucune religion ne sanctifie la violence. Mon père était catholique, mon tuteur musulman. Aujourd’hui, je suis pasteur évangélique. Cette diversité, c’est notre force ». (Pasteur Wilfried Zahui)
Les leaders religieux présents ont renchéri, chacun dans son langage, sur l’importance du dialogue et de la tolérance. Il faut désamorcer les tensions avant qu’elles n’émergent. L’Imam Cheick Tidiane Diabaté a, quant à lui, fait savoir que « les élections doivent être une fête démocratique, pas une occasion de tristesse ». Le prêtre catholique (Père-Curé Jules César, pour sa part, a rappelé que « personne n’a le droit de détruire au nom de Dieu ce que d’autres construisent en Son nom ».

Prévenir plutôt que guérir
À mesure que les interventions se succédaient, le fil conducteur se précisait. La mémoire des crises passées reste vive. Le mot « paix » revenait sur toutes les lèvres, non comme un slogan, mais comme une nécessité urgente. La Côte d’Ivoire revient de loin. Depuis 2011, beaucoup a été reconstruit : écoles, hôpitaux, routes. Les intervenants ont souligné que cette stabilité reste fragile si chacun ne veille pas à la préserver.

« Si ton frère est dans un autre parti, que ta sœur aime quelqu’un d’une autre région, quel camp vas-tu choisir ? Le pays ne doit plus être divisé entre « eux » et « nous ». Il n’y a que « nous », se demande le pasteur Zahui.

Une main tendue à la jeunesse et aux oubliés
Les jeunes, souvent en première ligne lors des tensions politiques, étaient également au centre des préoccupations. « Ne vous laissez pas entraîner ». L’un des orateurs, ancien jeune impliqué dans des violences électorales, a partagé son expérience avec émotion. « J’ai vu des amis mourir pour des causes qui ne les regardaient même pas. Aujourd’hui, je vous dis : ne gâchez pas vos vies pour des promesses vides », a-t-il lancé, la voix chargée.

Les personnes vivant avec un handicap ont aussi pris une part active à ce rassemblement. Leur présence remarquée dans la salle a été saluée. Pour le pasteur, elles sont la preuve que la paix ne concerne pas uniquement ceux qui parlent le plus fort, mais aussi ceux qui, dans le silence, veulent vivre dignement. Tous les participants ont été invités à se lever et à se tourner vers leur voisin pour dire : « Je t’aime, sois bénis ». Une scène à la fois simple et puissante, dans un pays qui cherche encore les mots pour panser certaines blessures.

Une initiative au-delà des frontières
OPA ne limite pas son action à la Côte d’Ivoire. Le mouvement ambitionne de s’étendre au Burkina Faso et au Mali, où les tensions communautaires rendent encore plus cruciale la nécessité du dialogue. Selon son fondateur, la paix ne se décrète pas dans les capitales. Elle commence dans les quartiers, dans les villages, là où les gens vivent ensemble au quotidien.

Si l’événement s’est tenu à Abidjan, le message de OPA se veut continental. L’initiative porte une ambition panafricaine, celle de promouvoir la paix et la cohésion dans tous les pays du continent. « Nous devons comprendre que notre beauté vient de notre pluralité. C’est un message pour l’Afrique entière », a affirmé le pasteur. Avec ce premier rassemblement réussi, OPA entend maintenir la mobilisation jusqu’aux élections. Des campagnes de sensibilisation sont prévues dans les régions, avec le concours des communautés religieuses et de la société civile.

 

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