04212026Headline:

RCI: la chaleur et la croissance urbain crée une pression sur le réseau électrique

Abidjan fait face à une recrudescence des interruptions du service électrique. Entre explosion démographique et infrastructures saturées, le système énergétique ivoirien peine à suivre la cadence imposée par le dynamisme du pays.

Depuis janvier, les foyers et entreprises d’Abidjan subissent des coupures d’électricité de plus en plus fréquentes. Pour la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), le diagnostic est clair : la capitale économique traverse une « crise de croissance ».

L’étalement urbain rapide du District d’Abidjan dépasse désormais les capacités de résistance des équipements actuels. Si le pays a déjà connu des épisodes de délestage en 2021 et 2024, la situation actuelle souligne un paradoxe.

Le gouvernement a réussi son pari de démocratiser l’accès à l’énergie, passant de 1 à 5 millions d’abonnés en deux décennies. Cependant, cette réussite de la gouvernance du secteur a engendré une demande exponentielle.

Noumory Sidibé, directeur général de Côte d’Ivoire Énergies (CI-Énergies), admet que le réseau est aujourd’hui à ses limites, avec une consommation record ayant bondi de 14 % en février dernier, sous l’effet conjugué de la chaleur et de l’augmentation du nombre de clients.

Abidjan concentre l’essentiel de la pression énergétique du pays. Avec ses six zones industrielles et ses nouveaux grands travaux, comme la voie de contournement Y4, la ville voit ses besoins croître de 10 % à 14 % par an.

Malgré des investissements colossaux opérés par le gouvernement ivoirien, plus de 15 milliards d’euros injectés entre 2011 et 2025 pour doubler la capacité de production (atteignant 3 200 MW), le compte n’y est pas encore.

L’objectif initial de 4 000 MW reste hors d’atteinte, tandis que les 74 700 kilomètres de lignes déployés ne suffisent plus à fluidifier le transport du courant. A Abidjan la demande en électricité semble insatiable.

Face à ces crises cycliques (prix, rationnement, puis capacité), des voix s’élèvent pour réclamer une gestion plus autonome du secteur, actuellement rattaché au ministère des Mines et du Pétrole. L’idée d’un ministère dédié à l’Énergie gagne du terrain pour mieux piloter la transition énergétique.

La lenteur de la diversification du mix énergétique reste, par ailleurs, un frein : le pays dépend toujours massivement du thermique et de l’hydraulique, le renouvelable ne pesant que pour 10 % malgré des objectifs affichés bien plus ambitieux (45 %).

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