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FIFA: 54 fédérations africaines unaniment pour la réélection de Gianni Infantino à la présidence

La machine électorale de la FIFA s’est mise en branle bien avant l’échéance officielle. À la veille du 76e Congrès de l’instance mondiale, qui se tient le jeudi à Vancouver, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a réuni les 54 associations membres du continent afin de solliciter leur suffrage pour le patron de la FIFA, candidat pour briguer un nouveau mandat.


À l’issue de cette rencontre, les 54 fédérations africaines soutiendront unanimement la réélection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA pour la période 2027-2031. Un message de poids, tant le continent représente, avec ses 54 voix, un bloc électoral décisif dans les scrutins internationaux.

Un préaccord de principe à Vancouver
L’initiative de Patrice Motsepe ne doit rien au hasard. En convoquant ses troupes la veille du Congrès, le président de la CAF a voulu envoyer un signal clair : l’Afrique parle d’une seule voix, et cette voix soutient Infantino. Le stratège sud-africain, qui connaît les arcanes du pouvoir footballistique, a fait œuvre de rassembleur. Les 54 associations membres ont convenu unanimement de se grouper derrière l’Italo-Suisse, sans la moindre dissension. Ce genre d’unité, rare dans les instances sportives, témoigne de la mainmise que le président sortant exerce sur le continent, grâce notamment à une politique de redistribution généreuse et à une écoute attentive des besoins locaux. Gianni Infantino n’est pas un inconnu pour les Africains. C’est à Kigali, en mars 2023, lors du 73e Congrès, qu’il avait été réélu pour la dernière fois. Seul candidat en lice, il avait été reconduit par acclamation pour un mandat de quatre ans, prolongeant son règne jusqu’en 2027. Le schéma devrait se reproduire en 2027, si l’on en croit les informations recueillies. Les délégués des 211 fédérations membres avaient alors approuvé sa reconduction à l’unanimité des acclamations, sans qu’un vote secret ne soit nécessaire. Une formalité attendue, mais qui n’en reste pas moins un exercice de légitimation.

Le prochain congrès électif, le 77e de l’histoire de la FIFA, aura lieu au Maroc en 2027. C’est ce qu’ont révélé plusieurs sources concordantes, dont RMC Sport, ce mardi. La réunion se tiendra à Rabat, sans qu’une date précise n’ait encore été arrêtée. Ce choix n’est pas anodin. Il consacre l’ascension fulgurante du royaume chérifien sur la scène footballistique mondiale. Après avoir organisé la Coupe d’Afrique des nations en 2025, le Maroc s’apprête à coorganiser la Coupe du monde 2030, aux côtés de l’Espagne et du Portugal. Plusieurs matchs de ce Mondial centenaire se dérouleront sur son territoire. Accueillir le Congrès électif de la FIFA revient donc à poser une nouvelle pierre dans l’édifice de son influence. Le choix du Maroc comme hôte de ce rendez-vous stratégique confirme la place de poids qu’il occupe désormais dans le football mondial. L’événement coïncidera avec l’élection présidentielle de l’instance, pour laquelle Gianni Infantino devrait logiquement être candidat à sa propre succession. En organisant son congrès à Rabat, la FIFA se projette aussi sur la Coupe du monde 2030, dont une partie sera organisée dans le Royaume. C’est également une manière de flatter le continent africain, qui voit l’une de ses fédérations les plus influentes récompensée par cette désignation. Le lieu précis au sein de la capitale marocaine reste à déterminer, mais les délégations des 211 pays membres sont déjà attendues.

Un quatrième mandat en téléchargement
Le 77e Congrès sera donc celui de la réélection – ou de la confirmation. Gianni Infantino devrait pouvoir briguer un quatrième mandat, ce qui le maintiendrait à la tête de la FIFA jusqu’en 2031. Cette situation, apparemment contraire aux statuts qui limitent à trois mandats de quatre ans les dirigeants, est rendue possible par une subtilité juridique. Son premier mandat, entamé en 2016 après la démission de Sepp Blatter, n’a duré que trois ans (2016-2019). Considéré comme incomplet, il ne compte pas dans le décompte officiel. Infantino a donc déjà été réélu deux fois pour des mandats complets (2019-2023, puis 2023-2027). Le scrutin de 2027 lui offrirait un quatrième mandat, potentiellement le dernier. Une perspective qui ne semble inquiéter personne, tant son leadership est aujourd’hui incontesté. En attendant, le Congrès de Vancouver de ce jeudi a permis d’aborder des dossiers plus terre à terre. À l’ordre du jour : présentation du rapport financier, approbation des comptes 2025 et validation du budget 2027.

Les discussions ont également porté sur la logistique de la prochaine Coupe du monde 2026 (11 juin – 19 juillet), coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique. Transports des supporters, coordination avec les comités d’organisation des stades, hébergement des équipes : tous ces sujets ont été évoqués. Mais un dossier sensible domine les échanges internes : la participation de l’Iran à la compétition. À ce stade, le discours officiel reste inchangé. « Rien ne change », répètent plusieurs responsables de l’instance. La sélection iranienne est attendue début juin aux États-Unis, au même titre que les autres qualifiés. Selon des sources concordantes, Gianni Infantino aurait personnellement rassuré joueurs et staff de l’équipe iranienne lors d’un stage en Turquie, fin mars. Le président de la Fédération iranienne participe d’ailleurs au Congrès de Vancouver, un signe jugé positif par les observateurs. L’Afrique, par la voix de Patrice Motsepe, a donc déjà choisi son camp. Reste à savoir si les autres confédérations suivront le mouvement d’ici 2027. Mais avec 54 voix dans la poche, Gianni Infantino peut envisager l’avenir sereinement. Le Maroc, de son côté, peaufine les préparatifs d’un événement qui le placera au centre du monde footballistique. La mécanique électorale est lancée. Rien ne semble en mesure de l’arrêter.

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