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Nigeria : Voici les fillettes que Boko Haram utilise pour commettre les attentats-suicides

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Fillettes nigérianes qui ont fui le Nigeria et Boko Haram pour le Tchad. Elles sont réunies dans un camp de l'Unicef, le 4 mars 2015

Depuis quelques mois, la coalition des armées infligent des lourdes défaites à la secte terroriste Boko Haram. Conscient du fait qu’ils sont incapables de faire face au fort déploiement des armées Camerounaises, Tchadiennes et Nigérianes dans le grand Nord Cameroun, les membres de Boko Haram procèdent désormais par la manipulation et l’utilisation des attentats suicides.

Les membres de Boko Haram utilisent soient des jeunes adolescentes ou des femmes qui ont perdu tout espoir dans la vie, pour les pousser à se donner la mort et à causer la mort de plusieurs innocents individus. Cette forme de guerre asymétrique n’est rien que l’expression de la lâcheté et de la faiblesse, le refus du dialogue et du compromis. En commettant les attentats-suicides, c’est pour susciter la psychose, la panique et l’instabilité au sein des populations.

Les autorités Camerounaises ont pris les dispositions pour renforcer le dispositif sécuritaire et d’organiser une fouille systématique sur toutes les personnes qui entrent et sortent du Cameroun. La collaboration de la population et le refus du port de la burqa sont entre autres, les mesures visant à renforcer la sécurité des populations. Il faut par ailleurs noter que les autorités Camerounaises pourront expulser les étrangers dont les comportements sont suspects.

Afripeople pensez-vous que ces dispositions permettront de mieux combattre les attentats-suicides?

Nigeria : femmes et fillettes, les nouvelles munitions de Boko Haram

Une nouvelle attaque suicide menée mercredi 22 juillet au nord du Cameroun implique une fois encore des jeunes filles équipées d’explosifs. Si l’attentat n’a pas encore été revendiqué par Boko Haram, l’utilisation de ces jeunes kamikazes est bien la marque de la secte islamiste. Pourquoi des filles ? Comment sont-elles recrutées ?

Les attentats-suicides perpétrées par des jeunes femmes ou des fillettes se multiplient au Nigeria et désormais chez son voisin camerounais. S’ils ne sont pas toujours revendiqués par Boko Haram, le mode opératoire s’apparente souvent à celui utilisé par la secte islamiste. Ces attentats kamikazes, exclusivement féminins, sont d’un nouveau genre en Afrique de l’Ouest. Précisions.

Comment sont recrutées ces jeunes filles ?
Certaines « sont données par leur famille, dans un contexte où toute la famille a rejoint Boko Haram : le père, la mère… Les enfants sont destinés à commettre des attentats, affirme Seidik Abba, journaliste et analyste de l’actualité africaine. Dans ce cas, les fillettes n’ont pas conscience de ce qu’on leur demande de faire ».

Face à cette recrudescence des attaques perpétrées par des très jeunes filles, les évêques catholiques du Nigeria ont réagi. Ils condamnent l’utilisation des enfants par Boko Haram et qualifient cette exploitation à des fins de terrorisme de « symptôme choquant de l’écroulement des valeurs familiales dans notre société », rapporte Catholic News Service.

D’autres “kamikazes” seraient recrutées directement dans les écoles coraniques selon le journaliste. « De fil en aiguille, Boko Haram réussit à les recruter, en leur vendant l’idée qu’elles vont aller au paradis. Et si l’on vous dit que se faire exploser est un raccourci pour rejoindre le paradis, c’est une idée qui peut être reçue par certaines personnes ».

Il ajoute également que parmi ces jeunes filles qui se font exploser, « on retrouve sûrement certaines qui ont été enlevées, dont on on a perdu la trace et qui ont été mariées de force à des combattants de la secte islamiste ».

Après l’enlèvement des 300 écolières à Chibok en avril 2014, leur « sort était une source de grande peur et d’anxiété au Nigeria, et il y avait beaucoup de spéculations quant à savoir si elles avaient été utilisées dans des attaques suicides. Il n’y a aucune preuve de cela, mais cela a généré l’effervescence des médias », note Elizabeth Pearson, journaliste et membre du groupe Nigeria Security Network, interrogée par le Huffington Post.

Emmanuel Igah, directeur de la société de conseil Phobos international et spécialiste du Nigeria, interrogé par France 24, souligne le rôle de la pauvreté dans le recrutement des fillettes : “Dans le Nord du Nigeria, avec la pauvreté et la polygamie, il y a énormément d’enfants dont les familles ne peuvent pas s’occuper. Beaucoup sont recueillis par la secte qui leur demande, en échange d’un toit et d’un couvert, un retour en action”.

Une fillette nigériane au camp de Baga Solo, au Tchad, le 4 mars 2015
Une fillette nigériane au camp de Baga Solo, au Tchad, le 4 mars 2015
© AP Photo/Jerome Delay

Cette pratique est-elle nouvelle ?
« Ce mode opératoire n’était pas connu en Afrique de l’Ouest, assure Seidik Abba. Il a été importé au début de l’année 2013. On peut penser qu’il est la conséquence des relations entre Boko Haram et les autres mouvements djihadistes, notamment Aqmi et aujourd’hui Daesh (ou groupe Etat islamique, ndlr). Au Nigeria, cette pratique a commencé avec des hommes puis on est passé aux jeunes filles car elles sont plus manipulables. Mais cela est tout récent ».

Ce constat est partagé par de nombreux autres analystes. Dans son interview accordée au Huffington Post, Elizabeth Pearson explique, « qu’il y a de plus en plus de preuves de ces liens » entre les mouvances djihadistes. « Certaines vidéos de Boko Haram ressemblent à celles de l’Etat Islamique vues dans les médias ».

Quel est le but pour Boko Haram ?
Ces jeunes filles, entièrement voilées, avec leurs habits longs et recouvrant tout le corps, peuvent facilement dissimuler une bombe.

Le 22 février 2015, une fillette de 7 ans, tente de s’introduire sur un marché de Potiskum avant d’être repoussée par les forces de l’ordre. Malgré ça, elle réussit à se faufiler par une autre entrée où elle se fait exploser. Plus agiles et surtout moins suspectées que les hommes, ces fillettes ou jeunes filles constituent une armée potentielle redoutable. “On s’attendait à une utilisation des femmes de manière occasionnelle, mais c’est devenu une véritable stratégie mise en place par la secte pour déjouer la sécurité”, explique Emmanuel Igah à France 24. Mais, « l’utilisation des femmes kamikazes par Boko Haram est aussi un signe de leur faiblesse », souligne Elizabeth Pearson.

Selon un rapport publié en octobre 2014 par l’ONG Human Rights Watch (HWR), plus de 500 femmes et jeunes filles du nord du Nigeria ont été kidnappées depuis l’émergence de la secte islamiste en 2009. Il faut espérer qu’on n’en fera pas autant de kamikazes…

Laura Mousset

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