
Mercredi 19 Décembre 2018 – Dans un autre extrait du livre actualisé de l’entretien qu’il a accordé au journaliste François Mattei qui a pour titre « Libre. Pour la vérité et la Justice », Laurent Gbagbo fait des révélations sur Henri Konan Bédié, à propos du premier tour de la présidentielle de 2010.
Selon l’ancien chef d’Etat ivoirien, Alassane Ouattara a été troisième lors de ce scrutin. Les proches du président du PDCI-RDA, parmi lesquels l’actuel Ambassadeur de Côte d’Ivoire au Ghana, Ehui Koutouan Bernard, lui ont passé des messages à cet effet.
“En vérité, en octobre 2010, dès le premier tour, je savais que, Ouattara était arrivé troisième. Et qu’il ne pourrait donc pas participer au second tour. Des gens du Pdci, le parti d’Henri Konan Bédié qui était donc deuxième venaient me voir et passaient des messages.
J’ai appelé Bernard Ehui, un proche de Bédié, qui est devenu ambassadeur au Ghana. Il y’avait eu beaucoup de fraudes et de d’irrégularités. Ehui m’a dit : « J’étais avec Bédié toute la soirée, on a travaillé. Je t’appelle demain. »
L’actuel détenu de la Cour Pénale Internationale (CPI) affirme qu’il était question que Bédié conteste officiellement les résultats des élections.
« Il ne l’a fait que le cinquième jour. Trop tard, la réclamation n’était plus recevable », a-t-il confié, avant de lâcher. « C’était volontaire, Bédié est non seulement économiste mais il est aussi juriste. Il savait ce qu’il faisait. Il a cédé aux pressions de la France, et à son portefeuille … Après, tout n’as été qu’une mise en scène pour justifier mon éviction violente. »
Une révélation de Laurent Gbagbo qui survient au moment le sphinx de Daoukro affirme avoir eu le détenu de la Haye au téléphone dans le but de sa plateforme annoncée contre Ouattara en prévision de la présidentielle de 2020.
Lors du 12è congrès du PDCI en 2013 comme constaté sur place par KOACI au Palais des sports de Treichville Bédié affirmait avoir été spolié de 600.000 voix lors du premier tour de la présidentielle de 2010. Il avait aussi qualifié ce jour-là, Laurent Gbagbo de « populiste » et de « tyran » et l’avait, dans des interviews donnés à la presse, accusé d’être « auteur », et non présumé auteur selon lui, de « crimes de sang » et « crimes économiques ».
Donatien Kautcha, Abidjan.
koaci.com


