
Suite à l’enquête ouverte après les évènements survenus à Béoumi les 15, 16 et 17 Mai dernier, créant l’émoi au sein de la population, le procureur de la République, près le tribunal de première instance de Bouaké, avait ouvert une enquête aux fins de rechercher les auteurs et commanditaires des atteintes aux personnes et les bien d’une part, et d’autre part donner un signal fort aux hommes politiques, guides religieux ou chefs traditionnels pour leur rappeler que les propos haineux ou à relent raciste et tribaliste, sont sévèrement punis par des lois de la République Ivoirienne.
C’est dans ce sens que le parquet, afin de révéler certains éléments probants qui permettent de mieux comprendre avec aisance la reprise des affrontements entre la communauté Baoulé et celle des Malinké dans la journée du 16 Mai, à travers Koné Braman, procureur près le tribunal de première instance de Bouaké, a une nouvelle fois ténu un point de presse ce Vendredi 21 Mai comme constaté sur place par KOACI, en vue d’apporter d’autres éléments d’informations à l’opinion.
« Pour mieux comprendre la reprise des affrontements, l’enquête a permis de savoir que monsieur Konan Saint Rodolphe, leader d’opinion et chargé de communication de Monsieur le Maire, même si ce dernier déclare ne l’avoir pas nommé à cette tâche et monsieur Kouadio K. Arman, troisième adjoint au maire et Maire résidant en sont les principaux acteurs.
Le premier cité s’est saisi des réseaux sociaux pour inciter la communauté Baoulé à attaquer celle des Malinké. Certes, il a demandé pardon mais sa responsabilité pénale demeure entière. Le second à savoir le Maire résidant, lui a emboîté le pas.
Il a fait une déclaration sur les antennes d’une radio en ligne dénommée “PDCI 24 TV” où il déclarait dans la matinée du Jeudi 16 Mai 2019, que les jeunes Malinké étaient en train de tirer sur la population avec des armes à feu de type “Kalachnikov”.
Une telle déclaration sur une radio à forte audience d’écoute, a eu certainement pour conséquence, la révolte des jeunes Baoulé et l’on a pu enregistrer pour la seule journée, 8 décès dont 6 du côté des Malinké et 2 du côté des Baoulé.
Pour notre part, il s’agit manifestement de diffusion de rumeurs mensongères ou de fausses informations et une incitation au meurtre, d’autant plus qu’aucun témoignage n’a fait mention d’usage d’armes de guerre. Au surplus, les certificats médicaux indiquent que les décès par armes à feu sont dus à des plaies provoquées par des projectiles de type plomb. En clair, il s’agit essentiellement des fusils de chasse de type calibre 12.
Il convient de noter aussi que l’une des personnes interpellées à partir des photographies prises au cours des affrontements, se nomme Konan Koffi Hervé dit Deba.


