06052026Headline:

Ghana : les premières et deuxièmes dames bénéficieront officiellement de salaires par l’État

La décision du parlement ghanéen d’approuver la recommandation de paiement de salaires à la première dame (épouse du Président) et à la deuxième dame (épouse du Vice-président) ne fait pas l’unanimité dans le pays et suscite des réactions multiformes voire des annonces de saisine de la justice.

Les premières et deuxièmes dames au Ghana bénéficieront désormais officiellement de salaires de la part de l’État. La décision est intervenue après que le gouvernement ait adopté une recommandation du comité des émoluments qui a été approuvée par parlement.

La recommandation a été faite par un comité de cinq membres mis en place en juin 2019 par le Président ghanéen Nana Akufo-Addo. Le comité a été chargé de faire des recommandations sur les salaires et indemnités ainsi que sur les facilités et privilèges dont disposent les titulaires de charge relevant de l’article 71 de la Constitution ghanéenne.

Le nouvel arrangement verra les deux premières dames recevoir officiellement des salaires, ce qui rompt avec la pratique antérieure qui consistait à leur verser des allocations.

Explication du gouvernement

Contre des supputations selon lesquelles le Président Nana Akufo-Addo a décidé unilatéralement de payer des salaires à sa femme Rebecca Akufo-Addo et à l’épouse de son vice, Samira Bawumia, le ministre ghanéen de l’Information, Kojo Oppong-Nkrumah, a précisé que l’approbation de la décision a été faite par le parlement précédent et que n’est pas un phénomène nouveau.

Pour l’approbation de la décision, le ministre Nkrumah a expliqué que ce qui s’est passé est une officialisation de la recommandation du Comité des émoluments d’une pratique qui était en cours. De ce fait, il a révélé que « tous les conjoints survivants des chefs d’État, actuels et anciens, ont toujours reçu des salaires. Nana Konadu Agyeman Rawlings, Faustina Acheampong, Fulera Liman, etc. perçoivent toutes des salaires depuis l’époque du Président Kufuor ».

Saisine de justice et protestations

Contre le feu vert qui a été donné à la décision qui suscite une controverse, la minorité parlementaire NDC a annoncé qu’elle va saisir la Cour suprême pour demander une réparation de la décision de paye de salaires aux premières et deuxièmes dames du pays.

Selon la directrice adjointe des communications du NDC, Mme Obuobia Darko-Opoku, l’approbation de salaires pour les première et deuxième dames n’est pas nécessaire en dehors de leurs allocations existantes. Elle a ajouté que ces genres de choses énervent les ghanéens et créent des tensions inutiles

Pour sa part, le directeur du groupe de réflexion politique CDD, le professeur Henry Kwesi Prempeh, s’est dit préoccupé par la décision du Parlement d’approuver le paiement des salaires des première et deuxième dames.

En s’élevant contre la décision prise, Prempeh a soutenu que « la Constitution n’exige ni n’oblige un Président ou un Vice-président à avoir une conjointe, les célibataires sont les bienvenus » avant de relever que lorsque les première et deuxième dames se retrouvent sur la liste de paie publique « nous convertissons leurs rôles en fonctions publiques ».

De son côté, un professeur de sciences politiques à l’Université du Ghana, Legon, Ransford Gyampo, a déclaré que les cabinets des premières dames ne sont que des institutions cérémonielles et dysfonctionnelles qui ne sont pas prévues dans les statuts du Ghana.

L’association Alliance pour l’équité sociale et la responsabilité publique (ASEPA) a annoncé qu’elle va saisir la justice pour contester la décision de paye des salaires aux épouses du Président et de son Vice-président.

Koaci

What Next?

Related Articles