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Cinélatino: la diversité des films récompensés témoigne de la richesse du cinéma latino-américain

Le palmarès de la XXXVème édition des Rencontres de Cinélatino est tombé samedi soir. Il ne reste plus qu’à espérer que ces films trouvent un distributeur en France, tant ils nous racontent souvent, en partant de l’intime, des histoires universelles. Parmi les films distingués, le Mexicain Dos estaciones, de Juan Pablo Gonzalez et le Colombien Anhell 69 de Theo Montoya. Deux propositions très différentes qui témoignent de la richesse cinématographique du continent américain.

 

Ces deux films Dos estaciones et Anhell 69 étaient en compétition dans la catégorie fiction mais tous deux flirtent avec le documentaire, reposant la question des genres cinématographiques, des étiquettes posées aux films pour les festivals, nous disait un réalisateur. Dos estaciones raconte l’histoire d’une femme propriétaire d’une distillerie de tequila qui se bat pour garder son entreprise vivante, contre la concurrence, notamment nord-américaine. Silhouette massive, économe de mots et d’expression, Maria a hérité de sa famille la distillerie, elle est la gardienne d’une longue tradition même si elle n’hésite pas à moderniser. Encore faut-il en avoir les moyens.

La distillerie est magnifiquement filmée avec ses alambics géants aux couleurs cuivrées. Le film -que nous avions découvert au festival de San Sebastian (dans la section Horizontes latinos) en septembre dernier- raconte aussi l’histoire de la famille du réalisateur qui vient de l’Etat de Jalisco, et était productrice de tequila depuis trois générations. Maria travaille de façon artisanale dans un marché qui s’est globalisé avec l’explosion de la consommation de tequila. Elle veille sur son petit monde d’ouvriers et de paysans (des comédiens non professionnels) formidablement interprétée par Teresa Sanchez, une comédienne mexicaine qui travaille également beaucoup au théâtre, mais plutôt cantonnée aux seconds rôles au cinéma, du moins dans les films distribués de ce côté de l’Atlantique.

On l’avait découverte dans le film Perpetuum mobile (2009) de Nicolas Pereda où elle était la mère de Gabino (Rodriguez) un jeune homme vivant de petits boulots, puis revue dans La camarista (La femme de chambre) de Lila Avilés qui a fait de nouveau appel à elle pour le rôle de l’infirmière dans son film Totem, également en compétition à Cinélatino cette année où il est arrivé couronné d’un prix à Berlin. Et le film repart avec le prix du public fiction de La dépêche du Midi. Dans Totem, qui met en scène une famille célébrant l’anniversaire d’un jeune homme gravement malade, Teresa Sanchez est l’ange gardien de la maison, l’infirmière tendre et consolatrice du malade et de la petite Sol, sa fille.
Le film Totem de Lila Avilès était également en compétition fiction à Toulouse, un film choral récompensé par le prix du public de La dépêche du Midi.
Le film Totem de Lila Avilès était également en compétition fiction à Toulouse, un film choral récompensé par le prix du public de La dépêche du Midi. © Cinélatino 2023
Entre Dos estaciones et Anhell 69, il y a un gouffre, un gap culturel. On passe des hautes terres de Jalisco, d’un univers rural et traditionnel, d’une femme en lutte pour garder une entreprise familiale à la ville de Medellin en Colombie, à une génération urbaine qui s’interroge sur la place qui est lui attribuée dans un pays déstructuré et violent. Le jeune réalisateur Théo Montoya, dont le film est passé par la case Cinéma en construction, fait le portrait émouvant et terrible de sa bande d’amis, ou du moins de ce qu’il en reste.

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