
Hisham Kassem a été condamné à « trois mois ferme et 20 000 livres égyptiennes (environ 600 euros) d’amende » pour « diffamation » envers un ancien ministre et « trois mois ferme pour outrage à agents » dans le cadre de la première affaire, rapporte sur X (ex-Twitter) Gameela Ismaïl, l’une des cadres du Courant libre, la coalition d’opposition dirigée par M. Kassem. La séance d’appel à la condamnation a été fixée au 7 octobre prochain.
Des réactions immédiates chez l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme
Placé en détention provisoire le 23 août pour avoir refusé de payer la caution fixée par le parquet, Kassem avait été accusé d’injure sur les réseaux sociaux par un ancien ministre du Travail, qui l’avait lui-même accusé d’être à la solde de l’étranger. Pour rappel, Hisham Kassem avait cofondé en 2004 le grand journal indépendant al-Masry al-Youm et s’opposait ouvertement au pouvoir du président Abdel Fattah al Sissi.
Comme plusieurs personnalités libérales, il avait dénoncé « le peu de crédibilité » des élections présidentielles qui doivent se dérouler avant le mois de mars, rappelle notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. La date de présentation des candidatures n’a pas encore été fixée par la commission électorale, mais des affiches soutenant le président Sissi ont déjà commencé à être placardés dans les rues
La condamnation a provoqué de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux de la part du camp libéral et de défenseurs des droits de l’homme. À commencer par Amnesty International, qui a dénoncé une « campagne ininterrompue des autorités égyptiennes pour faire taire les critiques pacifiques et punir les opposants ». L’Égypte est classée 135e pays sur 140 au classement mondial de l’État de droit du World Justice Project et compte des milliers de prisonniers politiques.


