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SIAM à Meknès: l’agriculture ivoirienne joue un rôle stratégique en tant que partenaire clé du Maroc

Le Salon International de l’Agriculture du Maroc (SIAM) a ouvert ses portes lundi à Meknès, sous le signe de la durabilité de la production animale et de la sécurité alimentaire. Au SIAM 2026, Abidjan et Rabat tissent une nouvelle toile de partenariats agro-industriels. La Côte d’Ivoire y est représentée au plus haut niveau. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, accompagné de son ministre délégué, Bernard Kini-Comoé, a pris part à la cérémonie officielle d’ouverture aux côtés de Son Altesse Royale le Prince Moulay Rachid, représentant de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Cette rencontre d’envergure internationale constitue une plateforme stratégique d’échanges entre États, acteurs du secteur privé et partenaires techniques. Pendant 8 jours, expositions, panels de haut niveau et rencontres d’affaires se succéderont. Le chef de la délégation ivoirienne interviendra dès ce mardi 21 avril, dans un panel consacré aux enjeux majeurs du développement agricole durable. La participation d’Abidjan à ce rendez-vous annuel confirme la volonté du gouvernement ivoirien de renforcer les partenariats bilatéraux et multilatéraux, de promouvoir le savoir-faire agricole national et de s’inspirer des meilleures pratiques en matière de modernisation du secteur.

Une coopération qui monte en gamme
Les relations agricoles entre la Côte d’Ivoire et le Maroc ont connu ces dernières années une accélération notable. Le passage de la simple aide technique à de véritables partenariats agro-industriels est désormais une réalité tangible. En février 2025, la première édition du Forum de l’investissement agro-industriel marocain (FIAM-CI) s’est tenue à Abidjan, avec pour ambition d’inciter les opérateurs marocains à investir directement dans la transformation locale des produits ivoiriens. Le groupe OCP, leader marocain des phosphates, collabore étroitement avec l’État ivoirien pour améliorer la productivité agricole. Cartographie des sols, création de centres de services agricoles et soutien à la filière rizicole dans le Nord du pays, les chantiers pillulent avec pour ambition est de réduire la dépendance aux importations et de renforcer la souveraineté alimentaire. Les échanges de savoir-faire et la formation professionnelle constituent un autre pilier de cette coopération. La Côte d’Ivoire s’inspire du modèle marocain des agropoles et des marchés de gros pour structurer sa propre logistique agricole. En janvier 2025, un accord a été signé pour faire de la formation aux métiers agricoles un axe prioritaire, avec l’accueil de stagiaires ivoiriens dans les centres marocains. A ce jour, c’est un transfert de compétences qui monte également en puissance.

Les échanges bilatéraux entre les deux pays, englobant l’agro-industrie, ont atteint 1 282,6 milliards de francs CFA en 2023.
Un montant conséquent avec une balance commerciale qui reste déficitaire pour la Côte d’Ivoire, avec une moyenne d’importations de 177,1 milliards de francs CFA par an contre seulement 19,7 milliards pour les exportations sur la période 2019-2023. Un déséquilibre que les autorités ivoiriennes entendent corriger en développant la transformation locale, en valorisant les produits nationaux et en optimisant les chaines de valeur. L’agro-industrie marocaine représente 20 % des investissements industriels au Maroc et sert de modèle de transfert de technologie. La Côte d’Ivoire, de son côté, mise sur la modernisation de ses filières vivrières comme l’igname, le manioc, la banane plantain, dont la production a connu une progression significative. Le manioc, en particulier, a enregistré une hausse de 7,60 % par an entre 2015 et 2024.

 

La participation ivoirienne au SIAM 2026 élargit également cette stratégie de diplomatie agricole. Hormis le cacao et l’anacarde, déjà bien positionnés sur les marchés internationaux, Abidjan souhaite promouvoir ses produits transformés et attirer les investisseurs étrangers. En avril 2026, des discussions à Rabat ont renforcé le partenariat dans le domaine des ressources animales et halieutiques, touchant à la souveraineté alimentaire des deux nations. Une convention signée en avril 2024 entre la Chambre nationale d’agriculture (CNACI) et le Conseil agricole ivoirien au Maroc (CAIM) facilite désormais les exportations ivoiriennes vers le Royaume en levant des barrières logistiques et commerciales. Un dispositif qui devrait, à terme, contribuer à rééquilibrer la balance commerciale.

Le SIAM, vitrine du Maghreb
La 17e édition du SIAM, l’an dernier, avait rassemblé plus d’un million de visiteurs, 1 580 exposants issus de 70 pays et 55 conférences scientifiques. Cette année, l’affluence devrait être au moins équivalente. Pour la Côte d’Ivoire, il va s’agir de capter l’attention des investisseurs et d’apprendre aux côtés d’un partenaire qui a réussi sa révolution agricole. Le Maroc, avec son Plan Maroc Vert puis sa stratégie Génération Green, dispose d’un retour d’expérience précieux. Les agropoles, les unités de transformation, les circuits de distribution modernes sont autant de réalisations que la Côte d’Ivoire entend adapter à son propre contexte. La route est longue, mais la volonté politique est là et les huit jours du SIAM 2026 seront une vitrine pour le savoir-faire ivoirien et une occasion de nouer de nouveaux contacts. Pour le ministre Bruno Nabagné Koné et sa délégation, c’est à de tel salon que se tissent les partenariats de demain assorti d’un pari qui consiste à faire de l’agriculture ivoirienne un levier de développement et d’emploi, à l’image de ce que le Maroc a réussi à accomplir.

 

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