Au moins neuf personnes ont perdu la vie et plus de 300 ont été blessées lors d’une série d’explosions de talkies-walkies au Liban, selon le ministère de la Santé. La Croix-Rouge libanaise rapporte que ses équipes sont mobilisées après plusieurs explosions dans diverses régions, notamment dans le sud et l’est du pays. Une trentaine d’équipes ambulancières sont actuellement déployées, avec d’autres en état d’alerte.
L’agence de presse nationale libanaise (NNA) indique que trois personnes ont été tuées par l’explosion d’« engins » à Sohmar, dans le sud de la vallée de la Bekaa. Ces explosions incluent des « vieux pagers » qui ont éclaté dans des maisons à la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban, plus tard identifiés comme des talkies-walkies.
De nombreux blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Beyrouth et de Baalbek, dans la vallée de la Bekaa. À Ali al-Nahri, deux personnes ont été blessées par l’explosion d’un engin sur une route, tandis qu’à Jdeidet Marjeyoun, un bipeur a explosé à l’intérieur d’une voiture près d’un cimetière.
Hugo Bachega, correspondant de la BBC au Moyen-Orient, décrit des scènes chaotiques à Dahieh, une banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Les rapports font état d’une série d’explosions pour la deuxième journée consécutive, alimentant la méfiance générale envers les appareils électroniques. « À plusieurs reprises, notre équipe a été arrêtée par des personnes nous demandant de baisser nos téléphones. Les communications semblent perturbées et les ambulances peinent à accéder aux routes bloquées », ajoute-t-il.
Concernant les appareils impliqués, une image fixe semble montrer un talkie-walkie émetteur-récepteur VHF portatif Icom IC-V82/IC-U82, fabriqué par la société japonaise Icom Inc. Selon un article de 2022 par United Against Nuclear Iran (UANI), ces radios ont été utilisées par le groupe militant Hezbollah. UANI avait alors appelé le Japon à restreindre les exportations de ces appareils.
Des sources rapportent qu’un nouveau lot de talkies-walkies serait arrivé au Liban il y a environ cinq mois, coïncidant potentiellement avec les appareils utilisés dans les attentats récents.
Les théories sur les motivations derrière ces attaques abondent. Certaines suggèrent qu’Israël pourrait avoir choisi ce moment pour envoyer un message dévastateur au Hezbollah, en réponse à une escalade de violence le long de la frontière nord d’Israël. D’autres pensent qu’Israël n’avait pas prévu de mettre en œuvre son plan à ce moment précis, mais a agi en réponse à la possibilité de découverte du complot.
Après la deuxième vague d’explosions, ces explications restent plausibles. Il semble qu’Israël pourrait avoir pour objectif de paralyser le Hezbollah, en endommageant sérieusement ses capacités de communication. Cela pourrait également être une préparation pour une opération d’envergure à l’intérieur du Liban, marquant une période extrêmement dangereuse.



