La ministre de l’Éducation nationale et de l’alphabétisation, Mariatou Koné, a rencontré, ce lundi 30 septembre 2024, les syndicats du secteur éducation-formation pour discuter des revendications financières des enseignants. Des ateliers de concertation sont prévus pour examiner ces préoccupations. Cette réunion s’inscrit dans le cadre du dialogue social permanent instauré par la ministre depuis sa prise de fonction, avec pour objectif de désamorcer les tensions dans le secteur éducatif.
Priorité au dialogue
Lors de cette rencontre, les syndicats ont remercié le gouvernement pour certaines mesures en faveur des enseignants, telles que l’indemnité de logement, la suppression des cours du mercredi, et l’annulation de l’arrêté 0041, qui interdisait la syndicalisation des directeurs d’écoles. Cependant, la revendication principale concernait l’octroi d’une prime trimestrielle pour les enseignants, une demande qui reste sans réponse depuis plusieurs années.
À l’issue de la réunion, Mariatou Koné a réitéré son engagement en faveur du dialogue social et a annoncé la tenue prochaine de deux ateliers de concertation pour approfondir l’examen des revendications financières des syndicats.
« J’ai profité de cette occasion pour encourager nos partenaires à toujours privilégier la voie du dialogue », a-t-elle déclaré, tout en assurant que ces discussions permettront de trouver des solutions, notamment sur la question de la prime trimestrielle.
Les syndicats, bien qu’encouragés par l’ouverture au dialogue, ont exprimé leur vigilance. Arnaud Boka, porte-parole des syndicats, a salué l’initiative du ministère tout en insistant sur l’urgence des mesures à prendre. « Nous avons bien pris en compte ses propos. Nous attendons maintenant la tenue de l’atelier pour que toutes les revendications, en particulier celle de la prime, soient discutées et qu’une solution soit trouvée », a-t-il déclaré après la rencontre.
Revendications en suspens
Pour rappel, les syndicats du secteur éducation-formation affiliés à la centrale syndicale Dignité avaient décidé, lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue le 14 septembre 2024 par la Centrale Professionnelle de l’Enseignement de Côte d’Ivoire (CEPENSCI-DIGNITE), de déposer un préavis de grève. Ils réclament une prime trimestrielle et d’autres indemnités pour les enseignants dès l’année scolaire 2024-2025.
David Bli Blé, président de la CEPENSCI-DIGNITE, avait donné un délai d’un mois au gouvernement pour répondre à ces revendications, faute de quoi une grève serait déclenchée du 15 au 17 octobre 2024. Cette situation fait suite à une attente qui remonte à 2017, année de la signature de la première trêve sociale entre le gouvernement et les syndicats. « Nous ne pouvons plus attendre, nos primes doivent être versées maintenant », avait insisté M. Bli Blé, tout en restant ouvert au dialogue avec les autorités.
La CEPENSCI-DIGNITE, qui regroupe 15 syndicats affiliés à la CISL-DIGNITE, reste déterminée à obtenir satisfaction pour améliorer les conditions de vie des enseignants en Côte d’Ivoire.



