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Colère des agriculteurs : Le gouvernement annonce des « simplifications » sur les pesticides

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé des changements à l’Anses et l’Office de la biodiversité, qui concentrent les critiques des agriculteurs.

La pression mise par les agriculteurs au cours du mois de novembre, à coups de routes bloquées et de bottes de pailles en pleine ville, a fait son petit effet. Gestion des pesticides, armement des agents de l’Office de la biodiversité… La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé samedi, dans un contexte de grogne agricole, une série de mesures visant à réduire « les boulets » qui pèsent selon elle sur le secteur.

« Les agriculteurs en ont ras-le-bol des interdictions, des procédures, des normes », a-t-elle dit à l’AFP. « Ce sont véritablement des boulets qui se sont accumulés au point de creuser la compétitivité des exploitations », a-t-elle ajouté, avant de dresser la liste d’une série de mesures, parmi lesquelles la création d’un « Conseil d’orientation pour la protection des cultures ».

L’Anses dans le viseur
Créé par décret, ce Conseil, présidé par la ministre et réunissant les parties prenantes dont les agriculteurs, les instituts de recherche et les fabricants de produits phytosanitaires, visera à « prioriser l’instruction » par l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) des demandes d’autorisation des intrants, en fonction des besoins des filières agricoles. Autrement dit, il s’agira pour l’Anses de faire passer en haut de la pile des demandes de mises sur le marché de certains produits, afin de répondre à des besoins urgents de certaines cultures.

Les entreprises phytopharmaceutiques pourront apporter « une expertise technique car ce sont elles qui mettent au point les produits ». Sur le fond des décisions (autorisation ou interdiction), « il ne s’agit pas de dicter les décisions à l’Anses, qui est une agence indépendante », assure la ministre. L’Anses est dans le viseur de certains syndicats pour avoir interdit ou restreint l’usage de certains pesticides avant que cela soit le cas dans l’UE.

Armes masquées, caméra-piéton embarquée
Concernant l’Office français de la biodiversité (OFB), qui assure un rôle de police de l’environnement, le directeur général devra « assurer de manière immédiate la discrétion des armes en cas de contrôle, en recourant à des dispositifs qui permettent de la dissimuler. C’est un irritant majeur » pour les agriculteurs, selon Annie Genevard. Il y aura « déploiement progressif à titre expérimental […] du port d’une caméra-piéton, qui permet de déclencher des enregistrements de contrôle sur place, éventuellement. Généralement cela permet, on le voit avec les pompiers, les policiers, de faire redescendre la tension ».

Autre mesure, « une circulaire aux préfets pour optimiser les capacités d’instruction des projets d’élevage, pour raccourcir les délais et privilégier les contrôles à vocation pédagogique pour les récents installés ». Annie Genevard compte revoir les syndicats « avant Noël » pour un nouveau « rendez-vous de la simplification, que je serais même tenté d’appeler les rendez-vous du bon sens ». Objectif, « venir à bout, méthodiquement, de tous les freins à la production », selon elle.

 

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