Le 26 décembre, un événement majeur a secoué la Syrie : Mohammed Kanjo Hassan, figure clé du régime déchu de Bachar el-Assad et ancien chef de la justice militaire, a été arrêté dans l’ouest du pays. Cette opération, menée à Tartous par les nouvelles autorités, a donné lieu à de violents affrontements. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 14 membres des forces de sécurité et 7 hommes armés ont péri en 24 heures.
L’arrestation a eu lieu à Khirbet al-Ma’zah, accompagnée de la capture de 20 membres de la garde rapprochée de Hassan. Connu pour son rôle dans les procès expéditifs ayant conduit à des milliers de condamnations à mort, il est considéré comme l’un des symboles les plus sombres de l’ancien régime.
Saydnaya : La page noire de l’ex-régime
Mohammed Kanjo Hassan avait été promu chef de la justice militaire en 2014. Il était responsable de nombreuses exécutions prononcées dans la tristement célèbre prison de Saydnaya, près de Damas. Ce centre pénitentiaire, construit sous le règne de Hafez el-Assad, a incarné pendant des décennies la répression brutale du régime syrien. Selon l’Association des détenus et disparus de la prison de Saydnaya (ADMSP), environ 30 000 personnes y ont été emprisonnées depuis 2011, souvent soumises à des tortures effroyables.
Pour Cédric Labrousse, doctorant à l’EHESS, cette opération illustre une rupture stratégique : « Les nouveaux dirigeants veulent se distinguer en adoptant des pratiques judiciaires plus transparentes. On assiste à une campagne rapide et efficace d’arrestations, visant à juger ces figures en toute légalité, contrairement aux méthodes autoritaires du régime Assad. »
« Mohammed Kanjo Hassan a signé des milliers de condamnations à mort sans procès équitable », rappelle Diab Seria, cofondateur de l’ADMSP. Cette arrestation s’inscrit dans une volonté affichée des nouvelles autorités syriennes de rompre avec les méthodes du régime déchu. La coalition syrienne de l’opposition a salué cette initiative sur X, affirmant qu’elle « représente une étape cruciale vers la justice et la poursuite des criminels ».
Un nouveau paradigme dans la gestion sécuritaire
Pour Cédric Labrousse, doctorant à l’EHESS, cette opération illustre une rupture stratégique : « Les nouveaux dirigeants veulent se distinguer en adoptant des pratiques judiciaires plus transparentes. On assiste à une campagne rapide et efficace d’arrestations, visant à juger ces figures en toute légalité, contrairement aux méthodes autoritaires du régime Assad. »
HTS, coalition islamiste sunnite qui dirige désormais le pays, semble s’imposer comme une force organisée et méthodique. Selon Labrousse, les nouveaux leaders souhaitent instaurer des procédures claires, débutant par des mandats suivis d’arrestations. « Cette approche vise à démontrer une gestion sécuritaire légitime, en rupture totale avec les pratiques arbitraires et violentes de l’ancien régime », ajoute-t-il.


