Des délégations d’imams ont rendu visite récemment au ministre d’Etat, Essy Amara, au sujet de sa candidature déclarée aux prochaines joutes présidentielles.
Dans la stricte discrétion, ces dignitaires de la religion musulmane, selon les indiscrétions dont nous avons eu écho, ont approché l’ancien ministre d’Houphouët-Boigny et de Henry Konan Bédié, pour s’enquérir de cette ambition et des motivations, qui la sous-tendent. Ces hommes de Dieu, à en croire notre source, auront tenté en vain de dissuader l’ancien chef de la diplomatie ivoirienne et de l’amener à renoncer à son projet au profit du candidat au pouvoir.
Selon notre source, les émissaires commis pour la tâche se sont montrés très subtiles en présence du diplomate en jouant notamment sur son appartenance à la même religion que le chef de l’Etat. Ils auraient demandé à leur coreligionnaire de prendre cette donne en considération pour ne pas rentrer en confrontation avec le président de la République, qui a déjà déclaré sa candidature depuis plus de deux ans pour les échéances à venir. Dans la balance, les hôtes du ministre d’Etat auraient mis l’accent sur le besoin de paix, qui sous-tend l’appel de Daoukro lancé par le président du Pdci-Rda (parti de Essy Amara), Henri Konan Bédié, à soutenir la réélection du candidat au pouvoir, candidat unique du Rhdp. Les réalisations du chef de l’Etat sortant auraient également servi d’arguments pour convaincre le candidat classé parmi les “irréductibles ” à l’appel de Daoukro, à renoncer à son ambition.
Mais, l’ancien ministre d’Houphouët ne se serait pas laissé attendrir par ces arguments. Essy Amara a opposé un niet catégorique à ses hôtes, à qui il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de son engagement. A ces derniers, il aurait expliqué les principes qui guident son action. A savoir, veiller à la préservation et à la pérennisation de l’héritage politique de feu le président Félix Houphouët-Boigny, son maître. Ce, en insistant sur le devoir de respect vis-à-vis des engagements qu’on prend, à l’instar des résolutions du 12ème congrès du Pdci-Rda qui ont recommandé que ce parti présente un candidat aux élections présidentielles à venir. Approché pour en savoir davantage, les proches du candidat aux élections présidentielles ne font pas de mystère sur l’information. Un proche collaborateur du ministre a confirmé que Essy Amara a eu des rencontres avec des imams chez lui, à domicile. La première délégation, a-t-il indiqué, était composée de dignitaires de la religion musulmane venus de Bondoukou, région natale du ministre d’Etat. Ceux-ci, conduits par un membre du Comité des sages du Pdci-Rda, en la personne de l’ancien ministre Yaya Fofana, ont, selon lui, indiqué avoir fait le déplacement jusqu’à Abidjan pour s’enquérir des nouvelles relativement aux ambitions que nourrit l’un des leurs. « Ils sont venus lui dire qu’ils n’avaient pas l’information officielle », a relaté notre interlocuteur, qui souligne cependant que des émissaires avaient été envoyés auprès de ces guides religieux.
Le collaborateur de Essy Amara, qui ne voulait pas en dire davantage, a toutefois réitéré la demande des imams invitant le ministre d’Etat à renoncer à sa candidature au profit du président Ouattara. « Il leur a répondu que sa volonté n’est pas liée à une ambition personnelle. Mais, c’est face aux enjeux, qui se présentent à la Côte d’Ivoire que des Ivoiriens, toutes tendances confondues, sensibles aux qualités qu’il a, et aux expériences qu’il a acquises, l’ont approché pour lui demander de prêter sa personne ».
Quelques jours après ces imams venus de Bondoukou, cette fois, c’est une autre délégation d’imams de Côte d’Ivoire qui a rendu visite au futur adversaire d’Alassane Ouattara. Au menu des échanges qu’ils ont eus avec leur hôte, des propos qu’il aurait tenus faisant état de ce qu’il y aurait des ”djihadistes” parmi les jeunes ivoiriens ayant étudié en Arabie Saoudite. « Il leur a expliqué le contexte dans lequel ses propos ont été tenus. C’est d’ailleurs à la suite de cette démarche qu’il a été demandé au journal qui a publié cette information, de faire un rectificatif. Lequel a été transformé en une interview que le candidat aux élections présidentielles a eu à accorder, pour la première fois, à un journal ivoirien”. Ainsi, Essy Amara aurait profité de cette deuxième rencontre avec les dignitaires de sa religion pour lever toute équivoque sur sa personne et son engagement politique.
Faut-il le rappeler, avant de confirmer sa candidature aux prochaines élections présidentielles, suscitée initialement par un groupe de planteurs, l’ancien ministre d’Etat de Bédié, selon ses proches, avait déjà pris langue avec les autorités traditionnelles et religieuses de sa région. C’est du reste avec la bénédiction de ces derniers, disait-on, que Essy Amara a finalement franchi le rubicond au moment où le doute commençait à planer sur l’engagement du diplomate à faire de la politique.
L’inter



