Fraîchement nommé Premier ministre, François Bayrou s’apprête, ce mardi 14 janvier, à prononcer sa déclaration de politique générale devant les députés, un mois après sa prise de fonction. Cet exercice légal représente un véritable baptême du feu pour le successeur de Michel Barnier, dont le gouvernement avait été renversé par une motion de censure en raison de sa dépendance au Rassemblement national (RN).
L’enjeu est de taille : il faut convaincre les députés de gauche de ne pas voter une censure tout en préservant l’unité de sa majorité. Au cœur des débats figurent le budget 2025 et la réforme des retraites. Depuis des semaines, François Bayrou et son équipe tentent de bâtir une alliance avec le Parti socialiste (PS), qui conditionne son soutien à la suspension de la réforme des retraites.
Le budget 2025 et les retraites
« Nous avons proposé des pistes. La balle est dans leur camp. À eux de décider s’ils préfèrent négocier avec nous ou avec l’extrême droite », a déclaré le député socialiste Inaki Echaniz. Toutefois, cette ouverture envers la gauche suscite de vives critiques du côté des Républicains (LR). Philippe Juvin, député LR, a averti : « Annuler le système actuel serait une folie. Nous ne soutiendrons pas une telle démarche. »
Olivia Grégoire, députée de la majorité présidentielle, a toutefois souligné les limites des compromis envisageables : « La gauche veut effacer sept ans de réformes d’Emmanuel Macron, mais certaines de ces avancées ne doivent pas être remises en question. »
François Bayrou devra donc trouver un subtil équilibre pour concilier les exigences des socialistes sans s’aliéner une partie de la droite, ni sa propre majorité présidentielle, qui s’inquiète d’un virage jugé incompatible avec l’héritage d’Emmanuel Macron. François Bayrou a intensifié ses tractations en amont de son discours.
Lundi, il a rencontré les présidents des deux chambres, Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, avant de s’entretenir avec Olivier Faure, premier secrétaire du PS, et d’autres figures du parti. L’objectif : sécuriser un accord de non-censure de la gauche, indispensable pour éviter une alliance entre La France insoumise et le RN.
Trouver à tout prix un compromis
Cette stratégie contraste avec celle de son prédécesseur, Michel Barnier, qui avait tenté de trouver un terrain d’entente avec l’extrême droite, en vain. François Bayrou mise cette fois sur les socialistes pour renforcer sa position, une approche qui pourrait lui permettre d’éviter une nouvelle crise institutionnelle.
Le discours que François Bayrou s’apprête à prononcer doit répondre à plusieurs attentes. D’un côté, il doit rassurer sur sa volonté de réduire les déficits pour alléger le fardeau de la dette sur les générations futures. De l’autre, il doit convaincre les députés de gauche que son gouvernement est prêt à faire des concessions sur des sujets clés comme les retraites.



