Au fond, c’est une façon de faire les yeux doux au milliardaire-président. L’Arabie saoudite mise 600 milliards pour apaiser Donald Trump. C’est une promesse astronomique pour séduire Washington. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salman, surnommé MBS, a choisi faire les yeux doux au 47e Président des Etats-Unis qui est engagé dans la mise en place d’un nouvel ordre mondial.
Le 23 janvier, MSB a annoncé son intention d’investir 600 milliards de dollars dans l’économie américaine sur quatre (04) ans. Ce geste vise à répondre, au moins en partie, aux pressions exercées par Donald Trump, qui a demandé à l’Arabie saoudite et à l’Opep d’intervenir pour faire baisser les prix des hydrocarbures.
Ces déclarations surviennent alors que les marchés financiers doutent de la capacité de Riyad et de l’Opep à céder aux exigences de Trump. Pourtant, le prince héritier semble avoir trouvé une stratégie différente : séduire l’ancien président américain avec une promesse colossale.
Des investissements pharaoniques
L’annonce de MBS, relayée par l’agence officielle saoudienne, reste vague sur les modalités exactes de cette injection de capitaux. Cependant, l’engagement de 600 milliards de dollars représente plus de la moitié du PIB de l’Arabie saoudite et près des deux tiers des réserves de son fonds souverain.
Ce fonds, alimenté par les revenus du pétrole, est l’un des plus importants au monde. Malgré cela, Riyad a récemment revu à la baisse ses ambitions d’investissements internationaux, rendant cet engagement d’autant plus remarquable.
« Nous assistons à une tentative habile de Mohammed ben Salman pour maintenir une relation privilégiée avec les États-Unis, tout en répondant indirectement aux préoccupations économiques exprimées par Donald Trump », estime un analyste économique basé à Dubaï.
Entre pétrole, Israël et Trump
Les relations entre Donald Trump et le royaume saoudien ne datent pas d’hier. Même après la fin de son mandat, le clan Trump a maintenu des liens étroits avec Riyad. En témoigne l’investissement de deux milliards de dollars du fonds souverain saoudien dans la société de Jared Kushner, le gendre de Trump.
« MBS sait jouer sur plusieurs tableaux : économique, politique et diplomatique. Cette annonce est une démonstration de force destinée à rassurer ses partenaires tout en réaffirmant son rôle central dans la région », analyse un expert en relations internationales.
Par ailleurs, Trump cherche à persuader l’Arabie saoudite de normaliser ses relations avec Israël. Sous sa présidence, plusieurs pays arabes ont franchi ce pas historique en signant les accords d’Abraham en 2020. L’ancien président espère réitérer ce succès diplomatique, qui pourrait renforcer son influence sur la scène internationale.
Le geste de MBS va bien au-delà d’une simple opération économique. Il reflète un subtil jeu d’équilibriste visant à apaiser les tensions avec les États-Unis tout en consolidant les intérêts stratégiques du royaume. Cependant, la promesse de 600 milliards soulève des questions. Riyad peut-il véritablement se permettre un tel engagement sans compromettre ses propres ambitions de diversification économique ? Certains observateurs notent que cet investissement pourrait également servir à renforcer l’image du prince héritier à l’international, dans un contexte où son leadership est parfois critiqué.
Une carte maîtresse pour Trump
Pour Donald Trump, cette annonce est une aubaine. L’ancien président, déjà en campagne pour un éventuel retour à la Maison-Blanche, pourrait utiliser ce geste comme preuve de son influence persistante sur les leaders mondiaux.
Toutefois, il reste à voir si cet engagement suffira à satisfaire les exigences de Trump concernant les prix des hydrocarbures. Avec une économie mondiale encore fragile et des tensions persistantes autour de l’énergie, l’impact réel de cette promesse ambitieuse reste incertain. L’initiative de Mohammed ben Salman témoigne d’une volonté claire de préserver une relation stratégique avec Washington, tout en s’inscrivant dans une dynamique de redéfinition des alliances au Moyen-Orient.
Si les chiffres avancés par MBS impressionnent, leur mise en œuvre effective sera scrutée de près, tant par les observateurs internationaux que par les décideurs politiques américains. Une chose est sûre : le prince héritier saoudien continue de s’affirmer comme un acteur incontournable sur l’échiquier mondial.



