Le marché du cacao est pris dans une spirale infernale : virus, dérèglements climatiques et manque d’investissements menacent la production, tandis que la demande reste soutenue.
Les amateurs de chocolat devront se préparer à des étagères moins garnies et à des prix encore plus élevés en 2025. En effet, le marché du cacao est confronté à une tempête de défis structurels, climatiques et sanitaires qui pourraient maintenir les cours à des niveaux records. Après avoir atteint un pic historique à plus de 12.900 dollars (7,2 millions FCFA) la tonne fin 2024, les prix du cacao pourraient continuer leur ascension, selon les experts.
Une production sous pression
La principale raison de cette flambée des prix réside dans les problèmes de production persistants, notamment en Afrique de l’Ouest, où se concentre la majorité de la production mondiale. Le virus de l’œdème des pousses du cacaoyer (cacao swollen-shoot virus), transmis par des cochenilles, continue de ravager les plantations. Cette maladie affaiblit les arbres, réduit leur rendement et peut même les tuer, aggravant ainsi le déficit de l’offre.
À cela s’ajoute un manque criant d’investissements dans l’agriculture et un accès limité aux produits phytosanitaires, ce qui favorise la propagation du virus. Les producteurs locaux, déjà confrontés à des conditions difficiles, peinent à contenir cette crise sanitaire.
La Niña : un nouveau coup dur pour le cacao
La Niña, qui a succédé à El Niño, apporte son lot de défis supplémentaires. « La petite fille » en espagnol, ce phénomène climatique a pour origine une anomalie thermique des eaux équatoriales de surface (premières dizaines de mètres) de l’océan Pacifique centre et est caractérisée par une température anormalement basse de ces eaux qui est favorable à un refroidissement local.
Une augmentation des prix de vente pouvant atteindre 15 %.
Avec des pluies abondantes, des températures plus fraîches et des événements climatiques extrêmes, La Niña perturbe davantage les cultures de cacao déjà fragilisées. Ces conditions météorologiques imprévisibles risquent d’exacerber les problèmes de production et de maintenir les prix à des niveaux élevés.
Stocks au plus bas, déficits en hausse
Les données de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) confirment cette tendance alarmante. Le ratio stocks/broyage a chuté à 27 %, son niveau le plus bas depuis 40 ans. Pour la quatrième année consécutive, le marché du cacao sera en déficit, avec un manque estimé à 478.000 tonnes pour la campagne 2023-2024. Et selon les prévisions, ce déficit pourrait s’aggraver en 2025.
Face à cette situation, les géants du chocolat comme Barry Callebaut n’ont d’autre choix que de répercuter ces hausses de coûts sur les consommateurs. Les analystes prévoient une augmentation des prix de vente pouvant atteindre 15 %.
Pour les planteurs ivoiriens, qui fournissent 45 % de la production mondiale, la hausse des prix internationaux du cacao pourrait toutefois sembler bénéfique, car elle se traduirait par des revenus potentiellement plus élevés.



