Pour honorer la mémoire de son défunt père, celui qui détient le record de longévité au pouvoir en Afrique de l’ouest, il a étalé sur la durée d’un an l’hommage à Etienne Gnassingbé Eyadéma. Faure fait fort en remettant sur pieds tout le Togo pour saluer cette mémoire de l’histoire du pays.
Le général Etienne Eyadéma, est le grand paradoxe de l’histoire du Togo. Le porteur d’uniforme a régné pendant 38 ans sur le pays, de 1967 à sa mort en 2005. Militaire de formation, il a accédé au pouvoir par un coup d’État et a instauré un régime souvent qualifié de dictatorial. Soutenu par la France, il a marqué l’histoire politique togolaise par son autoritarisme et sa longévité au pouvoir.
L’ascension au pouvoir par la force
Né le 26 décembre 1935 à Pya, dans le nord du Togo, Étienne Eyadéma Gnassingbé grandit dans une famille paysanne protestante. Après la mort de son père, il quitte l’école primaire et s’engage dans l’armée coloniale française en 1954. Il participe aux guerres d’Indochine et d’Algérie, avant de retourner au Togo après l’indépendance en 1960. « Ces expériences militaires ont forgé son caractère et sa vision du pouvoir », explique un historien.
En janvier 1963, Eyadéma participe activement à l’assassinat de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo. « Cet acte marque le début de son ascension politique », souligne un analyste. Après un autre coup d’État en 1967, il renverse Nicolas Grunitzky et s’autoproclame président. Il dissout les partis politiques et fonde le Rassemblement du peuple togolais (RPT), instaurant un régime de parti unique.
Un régime autoritaire et répressif
Eyadéma dirige le Togo d’une main de fer, réprimant toute opposition. « Son régime est empreint des violations systématiques des droits de l’homme, des élections truquées et une répression violente des dissidents », dénonce Amnesty International. En 1990, face à des pressions internes et internationales, il est contraint d’instaurer le multipartisme, mais conserve le contrôle du pouvoir grâce à des manipulations politiques et électorales.
Dès son arrivée au pouvoir, Eyadéma bénéficie du soutien de la France. « Il est considéré comme un allié stratégique pour les intérêts français en Afrique de l’Ouest », explique un expert. Ce soutien se maintient sous les présidences successives, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac, qui le qualifie d’« ami personnel ». Ce partenariat permet à Eyadéma de consolider son pouvoir malgré les critiques internationales.
En 2002, Eyadéma modifie la Constitution pour se maintenir au pouvoir, levant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Il est réélu en 2003 dans un scrutin contesté. « Ces manœuvres politiques montrent son refus de quitter le pouvoir, malgré les promesses de transition démocratique », commente un observateur. Il meurt le 5 février 2005, laissant derrière lui un héritage politique complexe.



