06062026Headline:

Or : Le nouveau secteur minier du Mali en 05 questions

Sadiola, Yatela, Kéniébé, Kayes, Gao, Morila, Loulo, Yanfolila, etc. Le Mali est une bénédiction en matière de ressources minières. Tout le territoire regorge de ressources. Avec 104 sites miniers semi-mécanisé et mécanisé, la région de Kayes compte le plus grand nombre de sites actifs au Mali. La plupart des sites sont situés dans la zone de Loulo et presque tous se trouvent dans des concessions minières, en particulier celle de Randgold, une compagnie minière sud-africaine.

Pays minier, le Mali a gagné, en 2023, plus de 644 milliards de F CFA dans le budget de l’Etat, soit une légère amélioration par rapport à l’année précédente. L’or constitue pour l’instant le produit phare, avec une production qui a atteint 70 tonnes en 2023. Parmi ces revenus, 99% provient des sociétés extractives et le reste aux paiements sociaux – taxes payées aux impôts.

Que gagnent les Maliens de tout cet or exploité ?
Cette situation reflète la contribution importante de ce secteur clé du pays à travers différents critères. Au-delà de l’or, le secteur extractif a contribué à 6,3% du PIB malien en 2024 contre 5,9% en 2022. Les exportations ont été de 500 milliards FCFA, soit les ¾ des recettes totales du pays. Les emplois crées sont de l’ordre de 61 023 en 2023, dont 10 000 emplois directs.

L’État compte obtenir une part initiale de 10 % dans tout projet, avec la possibilité d’acquérir 20 % supplémentaires durant les premières années de production. En y ajoutant les 5 % pouvant être attribués au secteur privé malien, le cumul sera de 35 % contre les 20 % actuels.
L’apport du secteur minier a ainsi permis de financer les investissements majeurs du pays dans un contexte de crise multidimensionnelle : les infrastructures telles que la réhabilitation et la construction d’écoles, de centres de santé, de routes et de ponts, permettant de faciliter la connectivité et le commerce interne et externe du pays. Ce secteur est utilisé de nos jours comme pilier de la souveraineté tant cherchée par les autorités maliennes, à juste titre. En 2023, le pays a délivré 12 nouveaux licences d’exploration.

La nouvelle législation minière en vigueur ?
Le nouveau code minier date de 2023 et prouve que le Mali souhaite augmenter ses gains relatifs à ses mines. L’importance du « contenu local » est ainsi renforcée. Cette initiative pourrait non seulement booster l’emploi local, mais aussi renforcer le tissu économique national. Les autorités veulent s’assurer que les bénéfices de l’exploitation minière profitent directement aux Maliens, avec l’imposition désormais aux exploitants miniers de verser une contribution équivalant à 0,75 % de leur chiffre d’affaires trimestriel à un fonds de développement local.

De manière stratégique, le Mali envisage désormais de rehausser sa participation dans les projets miniers. L’État compte obtenir une part initiale de 10 % dans tout projet, avec la possibilité d’acquérir 20 % supplémentaires durant les premières années de production. En y ajoutant les 5 % pouvant être attribués au secteur privé malien, le cumul sera de 35 % contre les 20 % actuels. Cette démarche devrait rapporter 500 milliards de francs CFA (784 millions de dollars US) supplémentaires au budget national.

L’impact environnemental au Mali ?
L’exploitation mécanisée, semi-mécanisée et industrielle ont un impact non négligeable sur l’environnement à travers la déforestation avec ses multiples conséquences et de la pollution. La destruction d’arbres avec ses corollaires : perte d’habitat de la faune (migration ou disparition de certaines animaux), disparition d’espèces d’arbre utiles à l’homme, dégradation des sols et désertification de la zone.

Quant à la pollution des eaux et des sols, elle est provoquée par l’utilisation des produits chimiques ayant pour conséquences la contamination des plantes, des animaux et des hommes. On observe souvent la pollution de l’air suite à la surpopulation autour des sites. Les effets négatifs de l’industrie minière sur les plans économique, environnemental et social affectent la vie des communautés locales.

La durabilité du secteur minier au Mali ?
La réforme du secteur minier portée par le nouveau code minier permet d’ores et déjà de mieux prendre en compte les attentes légitimes de la population malienne et les pouvoirs publics, en favorisant une gouvernance vertueuse du secteur. Le dernier code minier introduit des dispositions visant à garantir que l’exploitation des ressources profite équitablement à l’ensemble des acteurs (populations, autorités et sociétés minières). La situation sécuritaire globale dans le nord constitue un obstacle à l’exploration et à l’exploitation des mines qui se trouvent dans ces régions, qui n’ont pas été officiellement attribuées à une compagnie, en raison de l’insécurité.

 

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