Muhsin Hendricks, premier imam ouvertement « gay » au monde, a été tué par balle samedi 15 février 2025 près de Port Elizabeth (rebaptisée Gqeberha), dans le sud de l’Afrique du Sud. Selon la police, deux hommes cagoulés ont ouvert le feu sur son véhicule vers 10 heures, bloquant sa route avant de s’enfuir.
Une vidéo de l’attaque, jugée authentique par les autorités, circule sur les réseaux sociaux, alimentant les spéculations sur un crime prémédité. Bien que la police affirme ne pas connaître le motif du meurtre, le contexte suggère une cible : Hendricks, 58 ans, était une figure controversée pour son engagement en faveur des droits LGBTQ+ au sein de la communauté musulmane.
Un pionnier de l’inclusion religieuse
Originaire du Cap, Muhsin Hendricks avait fait son coming out en 1996, devenant un symbole de résilience. Il dirigeait la mosquée Al Ghurbaah à Wynberg, décrite comme un « espace sûr pour les musulmans homosexuels et les femmes marginalisées », selon le site de sa fondation. En 2022, le documentaire « Le radical » retraçait son parcours, mettant en lumière ses combats. « Le besoin d’être authentique a été plus grand que la peur de mourir », y déclarait-il, évoquant les menaces reçues.
Hendricks laisse derrière lui un héritage complexe. Fondateur de l’ONG « The Inner Circle » en 1996, il militait pour une interprétation inclusive du Coran, défendant l’idée que l’homosexualité n’y est pas condamnée.
L’Association internationale ILGA World a exprimé son « profond choc », qualifiant Hendricks de « bâtisseur de paix » et exigeant une enquête approfondie sur ce qui pourrait être un « crime de haine ». Julia Ehrt, directrice exécutive d’ILGA, a salué son rôle de mentor pour « ceux qui cherchent à concilier foi et identité ». En Afrique du Sud, pays où 75 meurtres sont commis quotidiennement, cet assassinat relance le débat sur la violence endémique et les tensions entre conservatisme religieux et droits des minorités .
Hendricks laisse derrière lui un héritage complexe. Fondateur de l’ONG « The Inner Circle » en 1996, il militait pour une interprétation inclusive du Coran, défendant l’idée que l’homosexualité n’y est pas condamnée. Son approche lui avait valu des « fatwas » et des appels à la fermeture de sa mosquée, surnommée « le temple gay » par ses détracteurs. Malgré cela, il restait optimiste : « La religion peut être un facteur de guérison pour les personnes LGBTQ+ », déclarait-il en novembre 2024 lors d’un congrès international.



