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Côte d’Ivoire: L’élection du nouveau président de la Ligue des jeunes du PPA-CI déjà ouvert

L’élection du nouveau président de la Ligue des jeunes du PPA-CI s’ouvre le jeudi 4 Juin 2026 dans une atmosphère lourde de suspicions, de rivalités internes et d’accusations de manipulation.

À quelques heures du scrutin, les différentes chapelles du parti de Laurent Gbagbo s’affrontent en coulisses dans une bataille qui révèle les fractures persistantes au sein de la formation politique. Derrière la dizaine de candidats officiellement déclarés, plusieurs poids lourds du parti sont à la manœuvre pour imposer leur poulain. Selon des sources internes, le camp de l’ancien ministre Justin Koné Katinan mise sur Kouamé Koffi Cédric, présenté comme l’un des favoris de la compétition. Face à lui, d’autres courants tentent également de peser sur l’issue du scrutin. Le candidat Djédja Serge Fidèle, réputé proche de l’ancien président du parti Sébastien Dano Djédjé, a vu ses ambitions compromises après la découverte présumée d’irrégularités liées à son état civil. Une affaire qui alimente les conversations dans les couloirs du congrès. Même depuis sa cellule, Damana Adia Pickass continue d’exercer son influence sur les débats internes. L’ancien cadre du parti, détenu depuis les événements ayant suivi la présidentielle de 2025, soutient la candidature d’Okoubo Yohou Daniel. Ce dernier bénéficie également de l’appui de Koua Justin, autre figure influente de la galaxie pro-Gbagbo.

Mais selon plusieurs sources concordantes, la candidature d’Okoubo pourrait elle aussi être fragilisée avant le vote, alimentant davantage les soupçons de règlements de comptes internes. Au-delà des affrontements entre clans, c’est surtout la question du fichier électoral qui cristallise les inquiétudes. Plusieurs candidats dénoncent un manque de transparence autour de la liste des électeurs. Selon les chiffres communiqués par l’organisation, 1.000 congressistes devraient voter. Pourtant, seulement 800 noms figurent actuellement sur la liste consultable par les candidats. Les 200 électeurs manquants nourrissent toutes les spéculations.« Certains craignent que cette marge serve à orienter le résultat final au profit d’un candidat soutenu par la direction », confie un militant sous couvert d’anonymat. Ces accusations interviennent dans un contexte déjà marqué par plusieurs reports du scrutin, officiellement motivés par des difficultés organisationnelles mais que certains cadres attribuent plutôt à des tensions internes et à des désaccords sur les règles du jeu.

Encadré : Drôles de démocrates
Il y a parfois des leçons de démocratie qui se retournent contre leurs propres auteurs. Le congrès de la Ligue des jeunes du PPA-CI en offre une illustration saisissante. Depuis plusieurs années, le parti de Laurent Gbagbo ne manque aucune occasion de dénoncer les insuffisances supposées du système électoral ivoirien. Listes électorales contestées, manque de transparence, soupçons de favoritisme, nécessité d’un processus plus crédible : le discours est connu et régulièrement servi à l’opinion publique. Mais voilà que, lorsqu’il s’agit d’organiser une simple élection interne, les mêmes critiques ressurgissent… cette fois à l’intérieur même du parti. Des militants dénoncent une liste électorale litigieuse, des accusations de fraude sur l’état civil circulent, tandis que les différents clans se livrent une bataille féroce pour imposer leurs poulains. Subitement, les maux que le PPA-CI attribue volontiers aux autres semblent avoir trouvé refuge sous son propre toit. La contradiction est d’autant plus frappante que l’enjeu n’est pas la direction du pays, mais celle d’une structure de jeunesse. Si déjà à cette échelle les contestations s’accumulent, les soupçons prospèrent et les règlements de comptes prennent le dessus sur le débat d’idées, il devient difficile de se présenter comme le champion incontesté de la transparence électorale.

La démocratie est un exercice exigeant. Elle ne se limite pas aux discours tenus devant les caméras ni aux communiqués dénonçant les pratiques des adversaires. Elle commence d’abord par l’exemple que l’on donne chez soi. On ne peut pas réclamer une liste électorale irréprochable pour les élections nationales et fermer les yeux sur les contestations qui entourent ses propres scrutins internes.

Au fond, le congrès de la Ligue des jeunes du PPA-CI révèle une vérité souvent embarrassante en politique : il est plus facile de donner des leçons de démocratie que de les appliquer à soi-même. Et lorsque les principes défendus avec tant de vigueur à l’extérieur disparaissent dès qu’il s’agit de gérer ses propres ambitions internes, la posture de victime du système laisse place à une réalité beaucoup moins flatteuse : celle d’un parti qui peine à mettre en pratique les valeurs qu’il exige des autres. Comme quoi, la démocratie est parfois un miroir cruel. Et certains n’apprécient guère leur reflet lorsqu’ils s’y regardent de trop près.

 

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