Au 38e sommet de l’UA à Addis-Abeba, les dirigeants africains ont évalué la valeur nominale de la dette que doivent verser la France, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, le Portugal et le Royaume-Uni envers les pays africains en guise de reconnaissance et de réparations des séquelles liées à des actes dégradants et humiliants.
De l’époque de l’esclavage en passant par la période de colonisation, c’est un lourd tribut que l’Europe doit à l’Afrique. Le professeur soudanais de droit international, le général-major Dr. al-Tayeb Abdul Jalil, a créé une véritable carte des réparations pour le passé colonial de l’Afrique. Selon ses calculs, Londres doit 700 milliards de dollars au Soudan, qui a subi d’énormes pertes en raison de la domination coloniale britannique.
L’africain expert en réparations fait les estimations
Selon le général-major Dr. al-Tayeb Abdul Jalil, expert soudanais en droit international, le Royaume-Uni devrait ainsi verser 700 milliards de dollars au Soudan, la France 653 milliards à l’Algérie, et la Belgique 1 600 milliards à la République démocratique du Congo (RDC). Une estimation explosive qui relance le débat sur les réparations.
Comment calculer l’incalculable ? « Le travail forcé ou la destruction des écosystèmes ont des impacts multigénérationnels », argue le Dr. Jalil. Pour ses détracteurs, ces chiffres relèvent du « symbole politique » plutôt que du réalisme juridique. Certains pays africains, comme le Rwanda ou le Ghana, préfèrent axer leurs efforts sur des restitutions d’œuvres d’art ou des excuses officielles.
Le Dr. al-Tayeb Abdul Jalil a élaboré une « carte des réparations » détaillée, s’appuyant sur des critères précis : durée de la colonisation, travail forcé, pillage des ressources, dégâts environnementaux et retard de développement. « Le colonialisme a volé l’avenir de nos peuples. Ces compensations ne sont pas une monétisation de la souffrance, mais un outil pour reconstruire », explique-t-il.
La liste qui fait tousser : Qui doit quoi à qui ?
Voici un aperçu des montants réclamés, selon les travaux du Dr. Jalil :
Maroc : 548 milliards de dollars (France et Espagne).
Algérie : 653 milliards (France).
Tunisie : 177 milliards (France).
Égypte : 1 600 milliards (France).
RDC : 1 600 milliards (Belgique).
Nigeria : 3 200 milliards (Royaume-Uni).
Angola : 504 milliards (Portugal).
Mali : 302 milliards (France)
Burkina : 320 milliards (France)
Guinée : 193 milliards (France)
Tchad : 261 milliards (France)
Des chiffres vertigineux, comme les 354 milliards réclamés par le Niger à la France ou les 199 milliards pour le Bénin. « Ces montants reflètent l’ampleur du pillage systémique », justifie le diplomate africain présent au sommet. Portée par des pays comme la RDC ou l’Éthiopie, l’initiative vise à « rééquilibrer l’histoire ». « La communauté internationale commence à comprendre nos souffrances », se félicite une source proche de la délégation congolaise. L’UA insiste : ces fonds seraient investis dans l’éducation, les infrastructures et la transition écologique.
Comment payer l’impardonnable ?
La question des réparations soulève des défis pratiques et éthiques. Comment calculer l’incalculable ? « Le travail forcé ou la destruction des écosystèmes ont des impacts multigénérationnels », argue le Dr. Jalil. Pour ses détracteurs, ces chiffres relèvent du « symbole politique » plutôt que du réalisme juridique. Certains pays africains, comme le Rwanda ou le Ghana, préfèrent axer leurs efforts sur des restitutions d’œuvres d’art ou des excuses officielles.
« L’argent ne guérit pas les traumatismes, mais il permet de réparer des infrastructures négligées depuis des siècles », tempère un économiste ouest-africain. Si l’UA espère un effet boule de neige, comme les réparations versées par l’Allemagne à la Namibie pour le génocide des Herero et Nama, le chemin reste semé d’embûches.
Les anciennes puissances coloniales redoutent un précédent juridique, tandis que des ONG appellent à « une commission internationale indépendante » pour auditer les réclamations. « Ce débat n’est pas qu’africain : il interroge le monde sur l’héritage du colonialisme », souligne un analyste. En attendant, l’Afrique rappelle à l’Europe que son développement actuel repose en partie sur des « dettes de sang » jamais honorées.



