Le président ukrainien se propose de quitter son poste « immédiatement » si l’Ukraine intègre l’OTAN, face à Donald Trump de plus en plus exigent. Ce dimanche 23 février, lors d’une conférence de presse à Kiev, Volodymyr Zelensky a surpris en déclarant être prêt à renoncer à la présidence « immédiatement » en échange d’une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Une annonce sur fond de relations tendues avec Donald Trump, qui l’a qualifié cette semaine de « dictateur ».
« Je peux échanger la présidence contre l’Otan ». C’est l’offre inédite de Volodymyr Zelensky. Sous pression après deux années de guerre et des critiques croissantes, le président ukrainien a choisi la provocation stratégique. « Si vous avez vraiment besoin que je quitte mon poste, j’y suis prêt. Je peux échanger (la présidence) contre (une adhésion) à l’Otan » a-t-il lancé, devant des journalistes médusés.
Trump vs Zelensky : Une guerre des mots qui s’intensifie
Cette déclaration intervient alors que les États-Unis, sous l’influence de Donald Trump, semblent freiner toute perspective d’intégration de Kiev au sein de l’Alliance atlantique. « L’Otan n’est pas un club où l’on entre par la petite porte. Nous méritons une sécurité collective », a martelé Zelensky, rappelant que cette adhésion est inscrite dans la Constitution ukrainienne depuis 2019.
Les tensions entre Kiev et l’ancien président américain ont atteint un pic cette semaine. Dans un discours, Donald Trump a qualifié Zelensky de « dictateur », l’accusant de « monopoliser le pouvoir » malgré la fin théorique de son mandat en 2024. Des propos perçus comme une tentative de délégitimer le dirigeant ukrainien, alors que Trump multiplie les appels à « arrêter la guerre en 24 heures », sans préciser ses conditions.
« Quand un leader étranger vous traite de dictateur, cela nuit à notre unité nationale et à la confiance de nos partenaires », a réagi Zelensky, appelant à de la « compréhension mutuelle ». Il a aussi exigé des « garanties de sécurité claires » de Washington avant d’envisager des négociations avec Moscou.
Garanties de sécurité : Le préalable à la paix
Le président ukrainien a insisté sur le besoin de soutien concret avant toute discussion avec la Russie. « Nous ne pouvons pas négocier dans le vide. L’Occident doit nous offrir des assurances solides, pas seulement des promesses », a-t-il déclaré. Une référence aux réticences de certains pays, dont les États-Unis, à formaliser un pacte de défense bilatéral.
Cette demande répond à un contexte où l’aide militaire américaine à Kiev est menacée par les divisions au Congrès et la possible victoire de Trump en novembre 2024. « Sans le soutien de nos alliés, nous serons forcés de faire des compromis dangereux », a-t-il averti, sans préciser lesquels. L’intégration à l’Otan reste l’objectif ultime de Kiev, mais elle se heurte à des obstacles majeurs. Les membres de l’Alliance craignent de provoquer une escalade avec la Russie, tandis que les États-Unis, sous Trump, privilégient un désengagement.
« L’Otan n’est pas un supermarché. On n’achète pas son entrée avec des sacrifices », a ironisé un diplomate européen sous couvert d’anonymat. Pourtant, Zelensky mise sur cette carte pour relancer sa légitimité, affaiblie par une guerre prolongée et des critiques internes. « Son offre de démission est un coup de poker. Il sait que l’Otan ne cédera pas, mais il place l’Occident face à ses contradictions », analyse Maria Kovalenko, experte en relations internationales à Kiev.



