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Plusieurs demandeurs d’asile expulsés des États-Unis enfermés dans un hôtel au Panama

Les migrants expulsés par les États-Unis sont notamment envoyés au Panama, tantôt dans un ancien hôtel aux allures de prison, tantôt dans des camps perdus dans la jungle. Une affaire qui embarrasse le pays latino-américain.
Ils viennent d’Iran, d’Afghanistan, du Pakistan ou encore de Chine, et affirment pour la plupart ne pas être en sécurité dans leurs pays d’origine. Ils se sont donc exilés aux États-Unis. Malheureusement pour eux, Donald Trump a été élu et a décidé de les expulser. Maintenant, une partie d’entre eux se retrouvent dans un ancien hôtel panaméen aux allures de prison, relatent la BBC et le New York Times.

Ceux qui refusent de retourner au pays finissent dans la jungle
La scène se déroule en plein centre de Panama City, à l’ex-hôtel Decapolis. Désormais, il sert de “centre de détention temporaire” pour environ 300 migrants. Ces derniers affirment avoir été privés de leurs passeports, de leurs téléphones, du droit à avoir un avocat, et assurent ne pas être autorisés à quitter leurs chambres, même pour manger.


Ils peuvent simplement alerter les passants en se collant aux fenêtres de leurs chambres, soit en agitant les bras, soit en écrivant sur des bouts de papier ou sur les vitres avec du rouge à lèvres. “Aidez-nous”, disent-ils régulièrement. “Nous ne sommes pas en sécurité dans notre pays”, implorent d’autres. Parfois, des personnes apparaissent en pleurs.
Selon un dernier décompte, sur les 299 migrants de l’hôtel, 171 ont fini par accepter de rentrer dans leurs pays d’origine. Les autres, récalcitrants, ont depuis été transférés au camp de San Vincente, dans la jungle du Darién où plusieurs maladies comme la dengue sont endémiques. “Il y a des cages clôturées ici, c’est comme un zoo”, témoigne une Iranienne de 27 ans au New York Times. “On nous a donné un morceau de vieux pain et on a dû s’asseoir par terre. Il fait une chaleur étouffante et le camp est envahi de chiens et de chats.” Les organisations humanitaires se sont vues refuser l’accès au camp.

Le Panama tente de se défendre
Embarassé, le gouvernement panaméen a d’abord nié que les personnes hébergées à hôtel Decapolis étaient retenues contre leur volonté. Il a ensuite confirmé le transfert d’une partie du groupe vers San Vicente, mais en affirmant au journal new-yorkais: “Ce n’est pas un camp pénal, les migrants sont pris en charge. Ils ont accès à l’eau, à la nourriture et aux soins médicaux”. Le ministre des Affaires étrangères nie également la présence de cages.

Le Panama n’est pas le seul pays latino-américain à recevoir des migrants expulsés des États-Unis. La Colombie avait par exemple d’abord refusé de faire pareil, avant de céder face à la menace de droits de douane revus à la hausse par Washington.

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