L’Imam Cissé Ben Ali, qui affirme avoir été dépossédé de son terrain par Komé Bakary, dit recevoir des menaces après avoir refusé toute négociation.
L’affaire foncière qui secoue la commune de Cocody, notamment dans le lotissement de Bessikoi, prend une nouvelle ampleur avec les révélations de l’Imam Cissé. Ce guide religieux affirme avoir été dépossédé de son terrain au profit de Komé Bakary, un individu déjà mis en cause dans d’autres litiges similaires. Refusant toute négociation ou compensation, il dit faire l’objet de menaces et lance un appel à la justice.
« Je reçois désormais des menaces »
Ce lundi 24 février 2025, dans une publication sur Facebook, l’Imam Cissé a pris la parole pour dénoncer ce qu’il qualifie d’”injustice” et de “spoliation foncière”. Dans un message poignant, il raconte avoir acquis son terrain de 799 m² entre 2016 et 2019, après plusieurs années de sacrifices en tant qu’étudiant.
« Puis, un matin, j’apprends que Komé Bakary est désormais le propriétaire de mon propre terrain », écrit-il avec amertume.
Face à cette situation, l’Imam dit avoir refusé toute tractation. Mais, « après avoir refusé toute négociation impliquant des échanges de terrains ou des compensations financières, je reçois désormais des menaces », apprend l’imam sur ses réseaux sociaux, sans toutefois citer de nom.
Pour rappel, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 13 février 2025, le chef du village de Djorobité 2, Nanan Minkan Assi Joseph, a catégoriquement nié avoir délivré une attestation villageoise à Komé Bakary, principal acteur du litige autour du lot 1294, îlot 135.
« Ils ont dit que si l’affaire est portée devant la justice, personne d’entre nous n’obtiendra gain de cause, qu’ils sont les plus forts. Mais je leur ai répondu ceci : vous pensez être forts, mais c’est Dieu qui est le plus fort », ajoute l’Imam Cissé Ben Ali.
Indignation
Déterminé à faire valoir ses droits, le guide religieux dit s’en remettre à la justice divine et appelle à la mobilisation contre ces pratiques. “Je ne veux ni argent ni compensation. Je réclame simplement ce qui me revient de droit”, affirme-t-il, tout en invoquant un verset du Coran sur la justice divine.
L’affaire a éclaté sur les réseaux sociaux après la diffusion, le 8 février 2025, d’une vidéo de Dame Traoré, affirmant être victime d’une spoliation foncière. « On m’a pris mon terrain, et je ne sais plus à qui m’adresser », déclarait-elle, visiblement désespérée. Un témoignage qui a déclenché une vague d’indignation et poussé les autorités à réagir.
L’imam Cissé et d’autres victimes, comme M. N’Goran Léon, ont également dénoncé les mêmes pratiques, accusant Komé Bakary de manipuler les procédures administratives pour s’approprier des terrains à l’aide d’ACD frauduleux.
De son côté, Komé Bakary, convoqué le 11 février par la Direction Générale de l’Urbanisme et du Foncier (DGUF), a « rejeté en bloc les accusations portées à son encontre », arguant avoir agi « en conformité avec les règlements en vigueur pour la consolidation de ses droits fonciers ».



